Récital de Dimitri Khvorostovski,

pour le 9 mai 2015

C’était le 9 mai 2015, le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, un concert de chansons russes de l’époque de la guerre, par le célèbre baryton Dimitri Khvorostovski. Outre la beauté du spectacle, c’est une sorte d’hommage au chanteur qui nous a quitté le 22 novembre 2017. Le 9 mai 2015, il ne savait pas encore qu’il était atteint d’une tumeur au cerveau qui serait diagnostiquée en juin de la même année.

Né à Krasnoïarsk le 16 octobre 1962, Dimitri Khvorostovski, fils de scientifiques mélomanes, a étudié dans un collège spécialisé pour devenir chef de chœur. Mais son potentiel de soliste le conduit dans la classe de Ekaterina Konstantinova Yoffel qui le fait travailler et l’installe dans sa voix. Il se rêvait ténor promis aux rôles les plus brillants du répertoire mais il est baryton et débute à l’Opéra d’Etat de Krasnoïarsk, dans le rôle du chevalier Marullo, de Rigoletto, de Verdi à l’âge de 22 ans.

Il remporte le concours Glinka, compétition de chant la plus importante d’URSS en 1987, puis le concours international de chant de Toulouse, en 1988 et le BBC Singer of the World de Cardiff, en 1989. Il impressionne la critique par un phrasé savant et une projection émotionnelle lui permettant d’atteindre une excellence rare à cet âge dans une tessiture de baryton.

Sa carrière est lancée en France quand il chante, en 1990, le rôle du prince Yeletski dans « La Dame de Pique » de Tchaïkovski à l’Opéra de Nice. Il chantera les plus grands rôles du répertoire, y compris le « Don Giovani » de Mozart qu’il considérait comme « le sommet absolu du théâtre musical de tous les temps », et donnera la réplique aux plus grands, comme Renée Fleming, Sondra Radvanovsky, Anna Netrebko, Samuel Ramey, Pavarotti ou Jonas Kaufmann.

A partir de 2004 il consacre une grande partie de son temps à l’œuvre de Giuseppe Verdi qui représentera plus de la moitié de ses rôles.

En 2015, quand on lui diagnostique une tumeur inopérable au cerveau, il interrompt sa carrière. Il reviendra toutefois au Met dans « Le Trouvère » et « Eugène Onéguine » au Royal Opera House et également au Met en 2017. Il chantera une dernière fois à Krasnoyarsk, affaibli mais toujours digne : le chant et l’allure, jusqu’au bout. Avec un courage admirable et une voix qui ne s’était presque pas altérée.