Le président Donald Trump a signé hier un décret imposant de nouvelles sanctions contre la Russie, suite à « l’empoisonnement » de Serguei Skripal et de sa fille à l’aide d’un agent chimique hautement mortel, dont ils se sont apparemment remis. On ne les a pas revus depuis. L’Angleterre a immédiatement accusé la Russie, sans fournir la moindre preuve. Pour Mme May, il était seulement « hautement probable » que la Russie soit derrière cet attaque chimique sur le sol anglais.

Ce sera, si mes calculs sont exacts, le soixante-treizième acte législatif américain portant sanctions contre la Russie, depuis 2012.

Les nouvelles sanctions entreront en application le 19 mars, pour une durée de douze mois. Elles prévoient :

– l’interdiction, pour des banques basées aux USA de participer aux émissions de dette souveraine russe, en toute monnaie excepté le rouble

– Washington s’opposera à tout prêt ou autres formes d’assistance financière à Moscou, par la communauté financière internationale (lire, les USA et leurs alliés/vassaux) y compris le FMI et la Banque Mondiale

– de nouvelles restrictions d’exportation de biens et de technologies vers la Russie

On notera toutefois, que Washington se réserve le droit d’accorder des dispenses dans les domaines de l’espace et de l’aviation civile, domaines où les échanges russo-américains sont importants. C’est, en particulier, grâce à ces dispenses, que les échanges entre les Etats-Unis et la Russie ont augmenté, depuis 2014, alors que, dans le même temps, les échanges entre l’Union Européenne et la Russie diminuaient considérablement.

Dans un communiqué publié ce matin, l’ambassade de Russie à Washington fait remarquer qu’il n’est pas question pour la Russie « d’accepter la responsabilité d’une chose à laquelle elle n’a pas participé », ajoutant : « Les tentatives de nous intimider par des sanctions sont vaines et comme les tentatives précédentes ne seront pas suivies d’effet. Il s’agit essentiellement de punir ceux qui refusent de se soumettre aux diktats des Etats-Unis et qui défendent leurs propres intérêts nationaux ».

Puisqu’il est question dans cette affaire d’utilisation d’armes chimiques, l’ambassade fait également remarquer, que la Russie a détruit tous ses stocks d’armes chimiques en 2017, ce qui a été confirmé par l’OPCW, alors que les USA ne l’ont toujours pas fait et ne cessent de repousser la date à laquelle ils le feront.