Lors de sa visite à Kiev, Stoltenberg, secrétaire général de l’OTAN, a rappelé le soutien – financier, technique, logistique – de l’organisation à l’Ukraine, dans la perspective d’une intégration plus complète du pays. Tous les pays membres de l’OTAN y seraient favorables. La question finalement est simple : puisque les pays membres de l’OTAN se doivent assistance militaire, les peuples européens ont-ils envie d’envoyer leurs soldats, donc leurs fils, frères ou maris, se battre contre la Russie pour le régime ukrainien et les intérêts atlantistes ?

Dans le cadre du partenariat Ukraine – OTAN, Stoltenberg a fait une visite en Ukraine pour rappeler le soutien indéfectible de l’organisation, déjà très impliquée dans le conflit ukrainien. Comme le rappelle le Secrétaire général :

« Alliés et partenaires se sont engagés à consacrer, au travers de dix fonds d’affectation spéciale, plus de 40 millions d’euros au soutien à l’Ukraine dans des domaines tels que le commandement et le contrôle, la cyberdéfense, et la réadaptation médicale. (…) L’OTAN continuera à prodiguer des conseils à l’Ukraine et à lui apporter un soutien pratique »

Le but du financement de cette organisation, non pas humanitaire mais militaire, est également rappelé :

Il a ajouté que « cet effort donnait de réels résultats et permettait à l’OTAN de contribuer à accroître la résilience de l’Ukraine face aux menaces hybrides et aux cyberattaques ».

Car finalement l’ennemi reste toujours le même et la Russie a pris la succession logique de l’URSS. Surtout depuis qu’elle est revenue sur la scène internationale et que des populations rejettent la voie sacrée de l’UE et de l’OTAN, pour se retourner vers elle. Ce qui a été considéré par les Occidentaux comme une trahison impardonnable de ces peuples du Donbass et de la Crimée, ce qui donc justifie toutes les mesures de rétorsion (politique, économique ou militaire), comme les guerres ont toujours justifié la destruction de l’ennemi. Et Stoltenberg de déclarer :

Le secrétaire général a exhorté la Russie à cesser d’apporter un soutien aux rebelles dans l’est de l’Ukraine et à retirer ses forces et ses équipements du territoire ukrainien. « Nous ne reconnaîtrons jamais l’annexion, illégale, de la Crimée par la Russie, et nous condamnons les actes agressifs perpétrés par Moscou dans la région de la mer Noire »

Finalement, le retrait des forces dans le Donbass ressort d’une logique extrêmement pragmatique : il est conventionnellement impossible d’intégrer un pays, qui a un conflit territorial en cours, il faut donc soit le régler, soit le désamorcer. 

D’une part, en rappelant que jamais l’Occident ne reconnaîtra l’intégration de la Crimée à la Russie, l’OTAN garde un moyen de pression sur l’Ukraine pour la conduire où l’OTAN, et donc le clan atlantiste, a besoin. D’autre part, la perspective annoncée et répétée d’une intégration de l’Ukraine dans l’OTAN est totalement possible, même si le conflit n’est pas totalement résolu, si le conflit primaire avec la Russie doit être renforcé dans l’intérêt du clan atlantiste. Les règles sont faites pour être interprétées.

Pour justifier cela Stoltenberg rappelle l’accord donné par les pays membres de l’OTAN en 2008, c’est-à-dire avant la guerre civile découlant du Maïdan. Il serait intéressant de demander aux populations de ces pays membres si elles ont envie de défendre le régime corrompu intégrant des groupes néonazis dans son armée régulière, démontant les statues et plaques commémoratives des héros les ayant libéré du nazisme (malgré eux ?). Ces populations sont-elles prêtes, puisque le conflit revendiqué par l’OTAN est entre l’Ukraine et la Russie, à aller défendre les intérêts énergétiques et stratégiques atlantistes et de se battre finalement contre la Russie ?  C’est ainsi que l’on voit à quel point les intérêts de ce clan n’ont fondamentalement rien à voir avec les intérêts du continent européen.

source : Russie politics