Celui qui est qualifié de « technocrate », né en mars 1966, est diplômé d’une université technique spécialisée dans les systèmes, alors que son prédécesseur était juriste. Il présidait depuis avril 2010, le Service fédéral des impôts (FNS), qu’il avait profondément remanié, faisant de lui, un système qualifié l’été dernier de « fisc du futur » par le Financial Times . « Il a créé le meilleur système de collecte des impôts du monde », a surenchéri la chaîne publique Rossiya-24. L’intéressé s’est targué d’un « écart de TVA » inférieur à 0,6%. Là où la différence entre les recettes attendues de TVA et celles effectivement perçues tourne plutôt autour de 10 % dans le reste de l’Europe. « Ils nous prennent en exemple, des gens viennent nous étudier ».

Mikhaïl Michoustine l’a bâti en se faisant le chantre de la numérisation. Fin 2018, le service des impôts avait ainsi annoncé la création d’une base de données centralisée regroupant toutes les données existantes sur les citoyens russes et accessible à toutes les administrations. « Si nous ne comprenons pas comment le monde change et quelles en sont ses règles, si notre pays se maintient dans l’ordre ancien, le nouveau monde fera de nous sa victime », livra–t–il. Ce n’est nul hasard si le nouveau premier ministre russe a commencé sa carrière dans les années 1990 comme expert informatique à l’International Computer Club qui visait à attirer « les technologies occidentales les plus avancées en Russie ».

Marié et père de trois enfants, Mikhaïl Michoustine a fait son entrée dans l’administration russe en 1998 comme vice-président du service des impôts, parallèlement à un poste de vice-ministre chargé du même dossier.  Il poursuivra, sans encombre, une carrière de haut fonctionnaire dans plusieurs agences gouvernementales :

– à partir de 2004 au service fédéral des cadastres,

– puis trois ans plus tard à celui chargé de la gestion des zones économiques spéciales créées pour attirer les investissements étrangers.

– Il quitte ensuite l’administration pour faire un crochet à la tête d’un fonds d’investissement.

C’est un proche de l’ancien ministre des Finances Alexeï Koudrine, figure du club des « libéraux », en opposition au clan des « siloviki » issus des services de sécurité. Le nouveau premier ministre a l’avantage de partager une des passions de Vladimir Poutine : le hockey. Il est membre du conseil de surveillance du club de hockey du CSKA Moscou. Les deux hommes se sont affichés en train de jouer au hockey sur glace lors du match de gala auquel participe chaque année le président russe à Sotchi.  Classé selon Forbes au 54e rang des fonctionnaires, pianiste et poète à ses heures, auteur de morceaux de musique, il est membre du conseil de surveillance du CSKA , le club de basket de Moscou.