Le patriarche de la diplomatie américaine et ancien secrétaire d’Etat, Henri Kissinger expliquait le 3 avril, dans un article programmatique publié par l’influent « Wall Street Journal », qu’après la pandémie, il faudrait installer un nouvel ordre mondial post-corona virus, pour lutter contre ses conséquences.

Kissinger s’inquiète depuis longtemps des changements violents du monde. Mais il le fait cette fois, sur fond d’une pandémie qui bouscule la distribution des rôles. « Aucun pays, pas même les Etats-Unis n’est capable de vaincre le virus uniquement par ses propres moyens, – prévient-il. – C’est pourquoi la réponse aux besoins d’aujourd’hui passe par la création d’un programme de vision globale et de coopération ».

La formule « vision globale et coopération » sonne joliment. Mais derrière elle, il n’envisage pas une coopération internationale réelle, plutôt une nouvelle justification du rôle dominant des USA. Ce sont eux qui doivent, selon Kissinger, se préparer à « augmenter la résistance globale à cette maladie infectieuse », à « essayer de réparer les coups infligés à l’économie mondiale » et à « défendre les principes de l’ordre mondial libéral ».

Les USA sont-ils prêts à un assumer un tel leadership ?

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