Le président Vladimir Poutine a approuvé la doctrine d’emploi de l’arme nucléaire russe contenue dans le rapport sur « Les fondamentaux de la politique de dissuasion nucléaire de l’Etat russe », document rendu public pour la première fois. Il prévoit l’emploi de l’arme nucléaire en cas d’attaque nucléaire contre la Russie ou un de ses alliés, ou une attaque conventionnelle mettant en danger l’existence même de l’Etat.

Ce document mentionne également d’autres situations dans lesquelles les autorités russes pourraient décider d’employer des armes nucléaires, en particulier : une information crédible concernant le lancement de missiles balistiques contre la Russie, l’utilisation d’armes nucléaires ou d’autres armes de destruction massive contre la Russie ou un de ses alliés, des attaques contre des infrastructures civiles ou militaire sensibles, de même que des attaques conventionnelles mettant en péril l’existence même du pays.

Selon Andrei Baklitsy, expert du « Centre russe d’études politiques », questionné par le quotidien « Kommersant », ce document réaffirme la position selon laquelle le lancement de missiles balistiques contre la Russie justifierait une réponse nucléaire. Pour Pavel Podvig, chargé de recherche sénior, à l’« Institut pour le désarmement des Nations Unies » : « Il me semble que c’est le premier document de ce type qui dit que la Russie peut lancer une réponse nucléaire sur la base d’informations fournies par le système d’alerte précoce ».

Pour Nikolai Sokov, chargé de recherche sénior, au « Centre pour le désarmement et la non-prolifération de Vienne », la publication de ce document a deux objectifs. « Le premier est d’insister sur l’aspect défensif de la doctrine d’emploi nucléaire russe. Le second est de renforcer la capacité de dissuasion des armes nucléaires russes, puisque selon la théorie de la dissuasion, plus les conditions d’emploi sont claires, plus fort est l’effet dissuasif. » Sokov ne se fait pas d’illusion sur l’impact réel de ce document, car « il est difficile de convaincre ceux qui refusent d’entendre la voix de la raison », mais il pense tout de même que cela aura un effet positif.
Source : Agence TASS