Alors que la 3e phase de test commence le 12 août, la Russie vient d’enregistrer son vaccin contre le Covid, prenant de court les grands labos. L’utilité en soi d’un vaccin contre un virus dont la dangerosité réelle, je parle sur le plan sanitaire et non pas politique, est largement discutée, reste discutable. Son véritable intérêt est ailleurs : préserver la souveraineté sanitaire du pays, maîtriser la santé publique. En lisant les réactions ulcérées en Occident, on peut dire que le coup a porté. Sans oublier l’aspect commercial de la chose, car le Covid est une excellente affaire pour certains. L’essentiel étant que la vaccination se fasse, comme annoncé, véritablement sur la base du volontariat. 

Hier, le Gouvernement russe a annoncé l’enregistrement par le ministère de la Santé du vaccin Sputnik-V contre le coronavirus, développé dans les laboratoires du ministère de la Défense et dans le Centre national d’épidémiologie et de microbiologie. Les tests cliniques ont été effectués sur des volontaires, la 3e phase de test massif commencera le 12 août. Concrètement, la vaccination doit se faire en deux étapes, une première injection, puis la seconde trois semaines plus tard, ce qui est présenté comme devant procurer une protection pendant deux ans.

La Russie a déjà enregistré son vaccin, le Gouvernement estimant que les résultats des tests cliniques ont permis de démontrer son efficacité. Les réactions ne se sont pas faites attendre, du scepticisme à l’accusation de mettre en danger la vie des gens qui se feront vacciner. Puisque d’ici deux semaines la production va commencer, sans attendre les résultats des tests complets. Le ministère de la Santé a par ailleurs rappelé que les groupes étrangers suivent également des circuits courts pour la mise en place de ce vaccin. 

Autrement dit, le coronavirus est un enjeu. Plus de pouvoir, que de santé publique. Surtout, avec le recul, lorsque l’on voit les chiffres publiés…

Tout d’abord, un vaccin national est un enjeu de souveraineté sanitaire : un pays souverain ne doit pas dépendre de laboratoires étrangers pour soigner sa population. Ainsi, l’enregistrement du vaccin en urgence en Russie est, stratégiquement, une barrière mise aux grands labos. Mais c’est aussi une manière de pouvoir maîtriser le cours de la vaccination à l’intérieur du pays, qui a été annoncée en Russie exclusivement sur la base du volontariat. 

Ensuite, le corovirus est un marché non négligeable. Comme l’écrit Véra Gaufman de RT France, 20 pays ont déjà commandé 1 milliard de doses à la Russie. D’une manière générale, la Russie envisage de couvrir un quart du marché mondial, soit pour environ 75 milliards $.

Le caractère volontaire de la vaccination est fondamental, surtout pour un virus qui ne présente strictement aucun risque majeur pour l’humanité, à la différence, par exemple de l’hépatite ou de la variole noire. Nous ne pouvons qu’espérer qu’il ne conditionnera pas l’accès à certains services publics, comme l’enseignement et la recherche, ou la possibilité de déplacement, car dans ce cas, in fine, il deviendrait obligatoire et conduirait à une partition de la société, sur les modalités envisagées par la Fondation Bill Gates.