Moscou a annoncé qu’il ne resterait pas sans réaction en cas de nouvelles sanctions contre la Russie. Dans un entretien sur la première chaine de télévision russe ce matin, le ministre des affaires Etrangères, Serguei Lavrov a expliqué : « Le principe de réciprocité dans les relations internationales existe toujours. Nous verrons ce que seront ces nouvelles sanctions et agirons en conséquence. Il n’est pas question de rester sans réaction ».

Paris a reporté la rencontre, prévue pour le 14 septembre, du Conseil de coopération de sécurité franco-russe. Ce Conseil a été créé en 2002 à l’initiative des présidents français et russe. Selon la porte-parole du ministère russe des affaires Etrangères, Maria Zakharova, la réunion a été reportée par la partie française en raison de « certaines circonstances »… La réunion précédente de ce conseil, qui comprend les ministres des affaires Etrangères et de la Défense des deux pays, avait eu lieu en septembre 2019 à Moscou.

Les ministres de la Défense de l’Inde et de la Chine se sont rencontrés à Moscou et ont parlé du différend entre les deux pays dans le Cachemire. La Chine et l’Inde sont membres de l’Organisation de Coopération de Shanghaï et ils étaient à Moscou pour une réunion des ministres de l’OCS. La discussion n’a donné aucun résultat spectaculaire mais a montré que les deux pays cherchent l’apaisement sur ce dossier qui devient brûlant. Les excellentes relations entre ces deux pays et la Russie ont évidemment à voir avec cette avancée diplomatique.

La Russie vote cette fin de semaine dans 83 des 85 régions du pays. Les électeurs doivent désigner les dirigeants de 18 régions et les maires de cinq villes importantes. D’autres postes sont à pourvoir, en particulier quatre membres de la Douma d’Etat. Les opérations de vote sont réparties sur trois jours et se termineront dimanche soir. 171.000 candidats représentant 36 partis politiques sont en lice et les opérations sont surveillées par 237.000 observateurs.

Le service fédéral de contrôle des ressources russe a initié une action en justice contre Norilsk Nikel à qui il réclame un dédommagement de deux milliards de dollars pour la pollution qu’une de ses filiales a provoqué dans l’Arctique russe au mois de mai dernier. Selon les Izvestia qui ont interrogé des experts et des députés, la société ne pourra pas s’y soustraire.

La position agressive de l’Allemagne dans l’affaire Navalny a sans doute surpris la Russie. Mais pour Andrei Fedorov, directeur du Centre d’études politiques questionné par le quotidien « Kommersant », la situation est bloquée et personne ne semble vouloir céder. « L’affaire Navalny est une bombe placée sous le dernier pont de la coopération entre l’Union Européenne et la Russie ».

Selon l’économiste en chef de la banque Alfa, Natalya Orlova, la Russie devrait boucler l’année 2020 avec une croissance de l’ordre de 1 à 1,5% ce qui était prévu avant la pandémie et le confinement. Le plan d’aide du gouvernement a représenté 3,4 à 3,5% du PIB. En revanche, le secteur des services peine toujours à sortir de la crise bien que les restrictions liées au confinement aient été complètement levées. Les dépenses de la population dans le domaine des services (cafés, restaurants, salons de beauté, etc.) ont baissé de 20% au mois d’août par rapport à 2019.

Pour les analystes de la société russe Vygon Consulting, questionnés par le quotidien Vedomosti, les exportations russes de produits pétroliers devraient augmenter de 20 à 30% en 2020, alors que les exportations de pétrole devraient baisser de 20 à 25% en valeur. Les ventes de produits pétroliers russes vers les Etats-Unis devraient augmenter de 25%, malgré la volonté du candidat Joe Biden de limiter ces importations qui « menacent la sécurité nationale américaine ». De telles mesures ne pourraient pas entrer en application d’ici la fin de cette année.