Qu’est-ce que la vérité aujourd’hui ? Sur quoi la fonder quand on sait que la réalité n’est rien d’autre que notre vision de la réalité et qu’elle peut ainsi être manipulée.

Il est temps d’admettre, que ce que nous avons été conditionnés à considérer comme la vérité, depuis notre plus tendre enfance, est simplement le produit d’une technologie de pouvoir et non un état de fait empirique.

La vérité aujourd’hui, c’est le récit, fabriqué à un instant donné, par celui qui a le pouvoir de diffuser son récit vers un large public. La majorité se conforme alors à ce récit. Même si une grande partie de cette majorité comprend, intuitivement, que ce récit est fabriqué, tout le monde fait semblant de ne pas le savoir, pour pouvoir vivre dans ce système, qui punit ceux qui ne se soumettent pas au récit ou ceux qui ont le front de le contredire.

Car, bien entendu, ce récit peut être contredit par d’autres ayant également le pouvoir de diffuser leur version. C’est pourquoi il est si important de monopoliser les circuits de diffusion (les médias) et d’en exclure ceux qui sont capables de produire un autre récit convainquant, tout en cherchant à décrédibiliser les médias que l’on ne peut pas contrôler.

Les exemples sont légion en France et dans le monde entier. Le pouvoir en place punit ceux qui tentent de propager un récit différent de celui qu’il a fabriqué. Il le fait à la fois pour défendre le récit lui-même, mais aussi par peur des réactions d’une majorité à qui on ouvrirait les yeux, et qui prendrait conscience de sa situation. Obéir à un pouvoir dont on a découvert qu’il n’est qu’un manipulateur conduirait forcément à une réaction violente, nécessaire à la résolution de la douloureuse dissonance cognitive que provoquerait cette découverte.

Mais à vrai dire, ce risque pour le pouvoir est faible. C’est pourquoi il peut tolérer quelques voix discordantes à qui, évidemment on fermera les médias dominants. L’important est que la grande majorité préfère le confort de l’acceptation du récit.

Il n’existe donc plus de « vérité ultime ». Mais plus encore, il faut réaliser aussi qu’il n’y a pas de tribunal suprême de la vérité. Il n’y a pas d’organisation vers laquelle se tourner, pas « d’arbitre transcendent de la vérité ». Il n’y a pas de cour auprès de qui faire appel. Il y a des tribunaux internationaux certes, mais un pays comme les Etats-Unis, un des plus importants fabricants de « récits » a pris soin de ne pas en ratifier la création. Et puis un tribunal international se manipule, il n’est que de lire le rapport du juriste canadien Grégor Puppinck, directeur du Centre Européen pour la Loi et la Justice, sur l’influence de George Soros sur la Cour Européenne des Droits de l’Homme, pour s’en convaincre.

Un pays, lui, s’accroche à la notion de vérité : la Russie. Lorsqu’on l’accuse d’avoir tué un journaliste, un homme politique, un pseudo opposant, elle se défend en demandant des preuves des accusations que l’on porte à son égard. Elle s’accroche à la logique. Mais les pays occidentaux se gardent bien d’accéder à ses demandes et de fournir la moindre preuve. En fait de preuves, ils répètent ad-nauseam les mêmes accusations et demandent à la Russie , dans un étonnant retournement de la charge de la preuve, de prouver son innocence.

Souvenons-nous des soi-disant interventions dans la campagne électorale américaine, du piratage du serveur du parti Démocrate américain en 2016, de l’assassinat d’Alexandre Litvinenko à Londres en 2006, de la tentative d’assassinat de Serguei Skripal en 2018 et, plus récemment, de celle d’Alexei Navalni. Aucune de ces accusations n’a été accompagnée de preuves concrètes démontrant le rôle de la Russie. Mais les accusations sont répétées. On en trouve un nouvel exemple dans le communiqué du ministère français des Affaires étrangères en date du 7 octobre dernier dont le deuxième paragraphe se termine par « C’est aussi un nouvel emploi choquant d’une arme chimique, deux ans après l’utilisation par la Russie d’une telle arme sur le territoire britannique à Salisbury, le 4 mars 2018. »

Ces récits s’inscrivent facilement, en Occident, dans le récit général qui nous est servi depuis la révolution bolchévique et surtout depuis la fin de la deuxième Guerre mondiale : l’URSS est mauvaise, donc la Russie qui lui succède est mauvaise. Peu importe que les hommes qui la dirigent soient différents. Les Etats-Unis et l’OTAN ont besoin d’un ennemi ? ce sera la Russie !

Depuis quelques temps, il est vrai, la place d’ennemi principal des Etats-Unis est « disputée » par la Chine. Mais il serait dangereux pour les USA de s’attaquer de front à la Chine et à la Russie simultanément. Or Washington a lancé une attaque tous azimuts contre Pékin dans le domaine des nouvelles technologies (voir le Clean Network Programme présenté sur le site du département d’Etat américain et signé par Mike Pompéo). Les « vassaux » sont donc envoyés en avant garde face à la Russie, avec à leur tête l’Allemagne suivi par une France qui s’est mis en tête de lui disputer le leadership de l’Union Européenne.