Vladimir Poutine n’exclue pas une alliance militaire avec la Chine. Dans un discours au club de réflexion de Valdaï, le président russe a expliqué : « Les relations entre la Chine et la Russie ont atteint un niveau sans précédent. Nous nous traitons avec une grande confiance et avons des relations de travail très fortes, stables et surtout efficaces, dans tous les domaines. Il a ajouté que si une alliance militaire n’était pas prévue pour le moment, elle ne pouvait pas être exclue.

Dans le même discours, Vladimir Poutine a expliqué qu’à son avis, la Chine était en train de devenir une superpuissance et que l’Allemagne suivait le même chemin. Quant à la Grande Bretagne et la France, leur rôle était en train d’évoluer.

Mardi, le ministre russe des affaires Etrangère, Serguei Lavrov déclarait dans une conférence de presse que, dans les circonstances actuelles la Russie pourrait cesser tout dialogue avec l’Union Européenne. De son côté, l’analyste russe Fedor Loukianov, membre du Club de Valdaï expliquait mercredi que c’était l’aboutissement d’un processus qui remonte à plusieurs années, dans lequel les événement de 2014 ont marqué un tournant.

La tension monte entre Moscou et Ankara à propos du Nogorno-Karabakh. Selon Kerim Has, un expert politique turc installé à Moscou, le président Erdogan ne réalise pas que le Caucase du Sud n’a pas la même signification stratégique pour la Russie, et que ce qu’elle a toléré en Syrie ou en Libye ne le sera pas si près des frontières russes. Quant à la proposition de Recep Tyyip Erdongan de mener des négociations entre Azerbaïdjan et Arménie, Turquie du côté azéri et Russie du côté arménien, elle démontre soit un goût prononcé pour la provocation, soit une réelle incompréhension de la situation du côté turc. Le quotidien « Nezavisimaya Gazeta » pronostique une rencontre prochaine des président Russe et Turc, avant que la situation ne devienne hors de contrôle.

Nouvelles sanctions US contre la Russie. Où en est-on ? On perd le compte. La barre des 70 a été franchie il y a longtemps déjà. Cette fois, la cible est « l’Institut de recherche en chimie et mécanique ». Selon les autorités américaines, il serait lié à la création d’un logiciel malveillant destiné à s’attaquer aux systèmes de sécurité industriels. Donc gel des avoirs aux Etats-Unis (quel Russe sensé aurait encore des avoirs aux USA ?) et interdiction pour les sociétés et les particuliers américains de faire des affaires avec la cible. D’autre part, les Etats-Unis ont annoncé de nouvelles sanctions contre « Nord Stream 2 », mais selon les experts du quotidien « Kommersant » il s’agirait plutôt d’apporter des précisions aux sanctions déjà en place.

La Banque Centrale de Russie maintient pour la deuxième fois son taux directeur à 4,25%, pour soutenir l’économie dans le cadre de la reprise de la pandémie.

La Russie fait un pas vers les Etats-Unis en acceptant la demande américaine de geler toutes les têtes nucléaires pendant l’année de prolongation de l’accord START, afin de négocier le renouvellement de cet accord. En revanche, Moscou refuse les autres conditions américaines, en particulier de pousser la Chine à participer aux négociations. Pekin a déjà fait savoir son refus il y a quelques mois. Dans son discours de Valdaï, Vladimir Poutine faisait d’ailleurs remarquer que si Washington voulait la participation de la Chine, alors pourquoi pas la France, la Grande Bretagne et d’autres pays qui n’ont « officiellement » pas d’armes nucléaires, alors qu’il est de notoriété publique qu’ils en ont.

La Chine achète des hélicoptères russes pour plus de deux milliards de dollars. Il s’agit d’hélicoptères de transport mais aussi d’appareils de combat. Le pays exploite déjà une flotte de quelque cinq cent hélicoptères de transport de type Mi8/17. Pékin produit ses propres machines, mais la production locale ne suffit sans doute pas, pour le moment, à couvrir les besoins de l’armée chinoise sur fond de tensions avec les Etats-Unis autour de Taïwan.

Les milieux d’affaires russe sont vent debout contre la nouvelle taxe carbone aux frontières de l’Union Européenne. L’union des industriels et des entrepreneurs russes y voit un moyen de protéger le marché européen contre les sociétés étrangères. D’après le quotidien les « Izvestia » cette taxe pourrait coûter de un à cinq milliards d’euro par an aux exportateurs russes.