– L’Union Européenne devrait discuter de nouvelles sanctions contre la Russie lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères du 22 février. Il pourrait s’agir de sanctions individuelles visant tous ceux qui ont participé à l’arrestation d’Alexei Nvalny où au contrôle des manifestations du 23 janvier. De son côté, Serguei Lavrov a déclaré dans un entretien télévisé, que la Russie était prête à rompre ses relations avec l’Union Européenne, si les sanctions présentaient un risque pour l’économie du pays.

– Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg a annoncé que l’Alliance allait augmenter sa présence en Mer Noire, pour faire face à « l’augmentation de la menace russe ». Il sortait alors d’une réunion avec le premier ministre ukrainien Denis Shmygal. Pour le directeur adjoint de la Haute Ecole d’Economie de Moscou, Dmitri Souslov, il s’agit là de compenser le fait que l’Otan ne propose pas à l’Ukraine d’entrer dans l’Alliance. Pour lui, la Géorgie devrait être la première à y entrer. Toutefois, l’augmentation de la présence de l’Otan en Mer Noire pourrait n’être que symbolique, en raison des limitations imposées par le « traité de Montreux » de 1936 qui régit le trafic dans les détroits et qu’Ankara a toujours fait respecter soigneusement.

– D’après le quotidien « Izvestia » qui a questionné la Commission Européenne, le vaccin russe « Sputnik V » ne fait pas partie de la stratégie vaccinale de l’Union Européenne mais chaque pays membre peut le commander indépendamment. La Hongrie l’a déjà fait. Son premier ministre a déclaré que le pays envisageait une production locale du vaccin qui pourrait, ensuite, être livré à d’autres pays de l’Union Européenne.

– Plusieurs économistes russes questionnés par le quotidien « Nezavisimaya Gazeta » pensent que la reprise économique en Russie sera freinée par la récession mondiale et se traduira par une baisse de la demande de ressources naturelles (pétrole, gaz, métaux, etc.). La demande pourrait se redresser au deuxième semestre de 2021, mais un retour aux niveaux de 2019 ne devrait pas avoir lieu cette année.

– D’après le quotidien « Nezavasimaya Gazeta », la Turquie serait prête à faire des concessions aux Etats-Unis en ce qui concerne ses S-400. Mais à condition que ces derniers cessent de soutenir les éléments kurdes armés du nord de la Syrie. On parle d’un scénario « à la grecque ». On se souvient qu’en 1998, la République de Chypre (non membre de l’Otan) avait acheté à la Russie une batterie de S-300, à la suite de quoi la Turquie avait menacé de se mettre en guerre. A la suite des négociations de 1998-99, les missiles avaient été cédés à la Grèce. Le ministre turc de la Défense aurait laissé entendre que la Turquie pourrait se satisfaire d’un scénario « Grec ». Pour le politologue chypriote Ioannis-Sotirios Ioannou, dans le cas où Ankara renoncerait à garder les S-400 sur son territoire, il pourrait les transférer à l’Azerbaïdjan, son allié.

– Le président biélorusse Alexandre Loukachenko, se rendra en Russie, à Sochi, pour y rencontrer Vladimir Poutine à la fin de ce mois. Il espère obtenir un nouveau prêt de quelques 3 milliards de dollars. Il y sera également question des réformes constitutionnelles promise par le président biélorusse et qui sont fermement soutenues par la Russie. Sans remettre en cause ses promesses de l’automne, Alexandre Loukachenko fait un peu trainer les choses. Selon le politologue Pyotr Petrovsky, l’Assemblée du Peuple Biélorusse qui se réunit cette fin de semaine devrait venir avec des propositions concrètes en fin d’année et un référendum pourrait être organisé en janvier 2022.

– Le Fonds d’Investissement Direct russe a soumis un dossier à l’Agence Médicale Européenne en vue de l’enregistrement du vaccin « Sputnik V ». Une telle procédure prend, habituellement, huit semaine, donc le FIDR espère une décision positive pour la fin mars. Selon les experts questionnés par le quotidien « Izvestia », le feu vert de l’EMA est très probable étant donné le déficit de vaccins en Europe.

– Le premier ministre japonais, Yoshihide Suga, a indiqué la semaine dernière que le Japon entendait reprendre les négociations avec la Russie en vue de signer un traité de paix, ce qui n’a pas encore été fait depuis la fin de la seconde Guerre mondiale. Il veut également reprendre les négociations commerciales stoppées par le changement de gouvernement et la pandémie.

– Des experts économiques du Congrès américain ont fait remarquer que tout à son « obsession des sanctions », l’administration américaine n’a pas réalisé que cette politique affaiblissait le rôle du dollar dans l’économie mondiale. Les pays touchés par les sanctions ont tendance à réorganiser leur production nationale, comme le fait la Russie pour ne plus dépendre du bon vouloir de partenaires étrangers qui ne sont pas très fiables. Ils cherchent également des substituts au dollar qui peuvent être, soit une de leurs monnaies nationales soit les deux, ou encore l’euro. Enfin, le régime des sanctions limite aussi les possibilités des entreprises américaines sur le marché international. En 2020, pour la première fois, le montant des transactions en dollars entre la Chine et la Russie est passé sous la barre des 50% à 46%.

– En janvier 2021, l’inflation en Russie a atteint 7% en taux annuel. Les économistes de la Banque Centrale n’envisagent pas un retour à l’objectif de 4% avant la fin de cette année.