– Le porte-parole de Vladimir Poutine, Dmitri Peskov a déclaré que le gouvernement ukrainien ne pouvait pas, ou ne voulait pas appliquer les accords de Minsk pour le règlement de la situation dans le Donbass. Il considère que l’Ukraine est devenue un état inamical pour la Russie. La veille, Vladimir Poutine avait expliqué, dans une vidéo conférence avec les dirigeants des partis représentés à la Douma, que la raison pour laquelle les Etats-Unis étaient violemment opposés au projet « Nord Stream II », était leur désir de faire payer leur projet géopolitique en Ukraine par la Russie. Il faisait allusion au fait qu’avant la mise en place du gazoduc entre la Russie et l’Allemagne, les exportations de gaz russe vers l’Europe passaient par l’Ukraine qui recevait ainsi de très grosses sommes au titre des droits de passage.

– L’Allemagne et les Etats-Unis ont lancé une négociation sur le gazoduc « Nord Stream II ». Selon Jurgen Hardt, porte-parole de la CDU pour les questions internationales, il serait question de la mise en place d’un système technique (un « Robinet » ?) qui permette de stopper le flux au cas où Moscou exercerait des pressions sur Kiev. L’autre solution serait de suspendre le projet en attendant que la Russie fasse preuve de « bonne volonté sur des dossiers importants ». Cela soulève un certain nombre de questions. Tout d’abord, pourquoi l’Allemagne couperait-elle le flux si elle a besoin du gaz ? Sur demande des Etats-Unis ? Mais alors ce seraient donc les Etats-Unis qui décideraient en Allemagne ? Quels politiques allemands accepteraient un système de soumission aussi évident ? Il faut au moins pouvoir « sauver la face ». En ce qui concerne la suspension, le politologue allemand Alexandre Rahr est clair : « On ne peut pas suspendre un projet de ce type qui a été lancé. En plus cela ne favoriserait pas l’Allemagne qui ne veut pas admettre que ce soient les Etats-Unis qui décident de la politique énergétique de l’Union Européenne ». Pour lui, Joseph Biden souhaite adopter une attitude plus conciliante vis à vis de l’Union Européenne et Nord Stream II serait une occasion de le prouver. A suivre.

– La conférence de Munich s’est tenue par vidéo le 19 février. Elle a vu une réconciliation de l’Union Européenne et des Etats-Unis aux dépens de la Chine et de la Russie. Joseph Biden a insisté, dans son discours, sur la nécessité de se préparer à une compétition stratégique à long terme avec la Chine et à lutter contre les tentatives russes d’affaiblir le projet européen et l’unité transatlantique. Selon le politologue allemand Alexandre Rahr : « Toutes les discussions à propos de la souveraineté européenne vont cesser maintenant. Dans le même temps, on va essayer de stopper le mouvement vers un monde multi polaire, dans lequel il faudrait inclure la Russie et la Chine ». Selon Dmitri Souslov, directeur adjoint à l’Ecole Supérieure d’Economie de Moscou : « L’image d’une Russie agressive est utilisée des deux côtés de l’Atlantique comme facteur principal de consolidation des relations.

– Les relations politiques entre l’Allemagne et la Russie ont été considérablement dégradées par « l’affaire Navalny ». Pour le moment, cela n’a pas eu d’influence notable dans le domaine des relations économiques et d’ailleurs, la vague de froid récente a fait comprendre l’importance de sources d’approvisionnement en énergie stables et fiables. En particulier de gaz pour l’économie allemande en transition énergétique. Mais, selon Oleg Barabanov, directeur de programme au Centre de discussions Valdaï, interrogé par le quotidien « Nezavisimaya Gazeta », la situation pourrait changer sous la pression extérieure du nouveau président américain et intérieure dans le cadre de la campagne électorale qui approche (en Allemagne). Selon le politologue Andrey Suzdaltsev, les relations ne devraient pas évoluer négativement à court terme. Il pense cependant qu’à moyen long terme, il pourrait y avoir des transformations de fond dans les relations économiques. La Russie, par exemple, pourrait difficilement se passer, en ce moment, d’importation allemandes dans le domaine de la production « hi-tech ». Elle va donc devoir se protéger, dans ce domaine-là également en cherchant de nouveaux marchés et en organisant, comme elle l’a déjà fait dans d’autres domaines, la substitution à ces importations. Ceci serait une incitation forte pour les sociétés allemandes à implanter des usines en Russie.

– Le ministre russe du Commerce et de l’Industrie, Denys Manturov qui mène la délégation russe à l’exposition internationale d’armements IDEX 2021, à Abu Dhabi, a annoncé un accord entre la Russie et l’Arabie Saoudite, pour la fabrication de fusils d’assaut Kalachnikov dans le royaume.

– La Russie a enregistré son troisième vaccin contre le Covid-19, le CoviVac du Centre Choumakov. Ce vaccin qui, comme les deux autres vaccins russes est de type « classique » se distingue de ses prédécesseurs en ce qu’il repose sur un virus désactivé complet et non sur des fragments de virus. Yevgueny Timakov, médecin chef du centre « Medecine Leader » a expliqué dans un entretien avec le quotidien « Izvestia » que ce vaccin utilisait la même technologie que ceux de la polio, de la rougeole ou de la variole. « Aujourd’hui, en Russie, les patients se posent plus la question du choix du vaccin, que celle de se faire vacciner ou non », conclut l’article. Nous rappellerons qu’en Russie, la vaccination est volontaire et gratuite.

– Les ministres des Affaires étrangère de Finlande et de Russie se sont réunis à Saint-Pétersbourg cette semaine. Le ministre finlandais Pekka Haavisto a insisté, dans leur conférence de presse sur l’importance de maintenir le dialogue entre la Russie et l’Union Européenne. Pekka Haavisto a précisé que les relations économiques existantes, doivent, selon lui, servir de cadre au dialogue. Mais Serguei Lavrov a fait remarquer que l’Union Européenne pesait sur ces relations économiques avec les sanctions en place depuis 2014. Certains pays du sud de l’Europe ont déjà plaidé pour une levée des sanctions, mais la Pologne et les Etats Baltes, entre autres, y sont opposés, et, pour Vladimir Morosov, Directeur de programme au Conseil Russe des Affaires Internationales : « le maintien de l’unité de l’Europe est plus important pour Bruxelles que les relations avec la Russie ».

– « Beeline » et « Megafone », deux des plus importants opérateurs mobiles de Russie proposent la création de « portemonnaies » digitaux pour les téléphones portables. La Banque de Russie avait lancé en septembre 2020 une réflexion sur la création d’un « rouble digital ». C’est dans le cadre de sa réflexion, qui inclue maintenant des représentant de ce futur marché, que les deux sociétés ont fait cette proposition. Cela faciliterait grandement les virements entre particuliers, sans passer par les banques, ce que ces institutions critiquent, évidemment. Les représentants des banques pensent que l’intervention d’une banque rendrait le système plus sûr et plus efficace. Ils soulèvent également le problème de la sécurité des identifications par numéro de téléphone.

– L’industrie pharmaceutique russe est en tête des industries en progression du pays, pour 2020. La production a presque doublé en un an. La cause de ce « boom » est évidente, et la hausse devrait ralentir sérieusement avec la fin de la pandémie. Mais l’année 2020 a modifié de façon importante l’image de l’industrie pharmaceutique russe dans le monde et celle-ci devrait en bénéficier à l’avenir.

– La situation se tend à nouveau dans le Donbass, où les observateurs internationaux ont relevé jusqu’à 600 violations des accords de cessez-le-feu en une journée. L’ancien président Piotr Porochenko a demandé de stationner de nouveau des militaires ukrainiens le long de la ligne de démarcation. Quant aux négociations entre les parties concernées, elles n’ont pas progressé depuis l’accord de cessez-le-feu de juillet 2020. Les avis divergent sur le développement à court terme de la situation. Certains parlent d’une nouvelle guerre, mais Bogdan Bezpalko, un membre de l’Administration présidentielle russe a expliqué au quotidien « Izvestia » que : « pour lancer une opération d’envergure, l’Ukraine aurait besoin de ressources dont elle ne dispose pas ». Il n’exclue pas cependant, un accroissement des bombardements. Pour le politologue Vladimir Kornilov, une nouvelle guerre est prévisible, qui ne sera pas lancé par le gouvernement ukrainien, mais par « ses amis de l’Ouest ».