– Le Ministère des Affaires Etrangères a annoncé hier qu’en réponse aux sanctions américaines du 2 mars dernier, dix diplomates américains ont été déclarés « personae non gratae » et que huit dirigeants politiques qui ont participé à l’élaboration de la politique anti russe des USA, étaient interdits d’entrée sur le territoire de la Fédération de Russie, à savoir : Merrick Garland (Attorney General), Christopher Wray (directeur du FBI), Michael Carvajal (directeur du bureau fédéral des prisons), Alejandro Mayorkas (secrétaire à la sécurité intérieure), Susan Rice (représentant permanent à l’ONU), Avril Haines (directeur de l’agence nationale de renseignement), John Bolton (ancien conseiller à la sécurité de Donald Trump) et Robert Woolsey (ancien directeur de la CIA). On notera qu’il n’était pas, jusque-là, dans les habitudes de Moscou d’annoncer publiquement les mesures prises en réponse aux sanctions américaines.

– Jeudi, le président américain Joseph Biden a signé un « ordre exécutif » interdisant aux sociétés américaines d’acheter des obligations d’Etat russes sur le marché primaire (à l’émission). Pour les amateurs, voici un lien vers le texte intégral de cet ordre : c’est long, c’est ennuyeux et c’est en anglais… Cet « ordre exécutif » interdit aux banques et sociétés financières américaines d’acheter des obligations d’Etat russes sur le marché primaire. Il impose également des sanctions contre 16 personnes morales et 16 personnes physiques pour leur soi-disant interférence dans les élections américaines. Huit personnes morale et physiques sont également sanctionnées pour leurs liens avec la Crimée, y compris des membres du gouvernement criméen.

– Selon Serguei Lavrov, Youri Ushakov, conseiller du président Vladimir Poutine, a « conseillé » à l’ambassadeur des Etats-Unis en Russie de rentrer à Washington pour consultations. C’est le dernier pas avant de déclarer l’ambassadeur « persona non grata ». L’ambassadeur russe aux USA, Anatoli Antonov est, lui, toujours à Moscou où il poursuit ses consultations.

– D’autres mesures ont été annoncées par Moscou, en particulier, l’annulation d’un accord qui facilitait les déplacements des diplomates américains sur le sol de la Fédération de Russie, ainsi que l’interdiction d’embaucher des citoyens russes dans les services diplomatiques américains en Russie. La mesure est particulièrement pénalisante car l’ambassade des Etats-Unis en Russie emploie, non seulement des citoyens russes pour les opérations de maintenance et de nettoyage, mais aussi des employés administratifs chargés de la traduction en langue russe de toute la communication officielle de l’ambassade, y compris de son site internet.

– Serguei Lavrov a déclaré, à propos des nouvelles sanctions financières imposées par Washington, que la Russie avait toujours trouvé des solutions aux problèmes posés par les sanctions et que cela continuerait d’être le cas. Dans le domaine des contre-sanctions russes, il a évoqué le domaine économique, dans lequel la Russie a des options très pénalisantes pour les entreprises américaines.

– De son côté, Maria Zakharova, la porte-parole du Ministère des Affaires étrangères a déclaré que les USA devraient faire face aux conséquences de leur attitude hostile qui fait monter la confrontation entre les deux pays à des niveaux très dangereux.

– Des agences de renseignement américaines ont déclaré cette semaine que les rumeurs de paiements de Talibans, pour l’assassinat de soldats américains, avaient une plausibilité « faible à modérée ». Mais la porte-parole de la Maison Blanche, Jen Psaki a toutefois exigé des explications de la Russie à propos de ces rumeurs.

– Actuellement en voyage officiel en Egypte, Serguei Lavrov a déclaré lors d’une conférence de presse avec son homologue égyptien, Sameh Shoukri, qu’il recommandait à tous les pays et en particulier à la Turquie de « bien analyser la situation concernant l’Ukraine et les déclarations belliqueuses de Kiev, et de ne pas encourager ses objectifs militaristes».

– De son côté, l’Union Européenne a menacé la Russie de nouvelles sanctions à cause de la situation dans le Donbass. Manfred Weber, membre du parlement européen a accusé la Russie de « jouer avec le feu », avec ses mouvements de troupe près de la frontière ukrainienne, et de tester les limites de la patience occidentale. Angela Merkel s’était aussi inquiétée de ces mouvements de troupe. On se rappellera qu’à la question de savoir ce que la Russie faisait près de la frontière avec l’Ukraine, Serguei Lavrov avait répondu : « nous y vivons », avant de renvoyer la question de savoir ce que les militaires américains y faisaient, eux, à des milliers de kilomètres de chez eux.

– Le service russe de messagerie instantanée « Telegram » a annoncé son intention de lancer une Offre Publique d’Investissement dans le courant de l’année 2023. La société pense offrir 25% du capital à cette occasion, mais n’a pas précisé si l’opération se ferait sur un marché anglo-saxon ou un marché asiatique, compte tenu du fait que plus de 40% des abonnés au service sont en Asie.

– Gazprom a annoncé avoir terminé l’évaluation technique d’un nouveau gazoduc reliant l’est de la Sibérie à la Chine en passant par la Mongolie. Le nouveau projet a été baptisé « Soyouz Vostok ». Ce gazoduc aura une capacité de 50 milliards de mètres cubes par an.

– La déclaration de revenus de Vladimir Poutine a été publiée cette semaine sur le site du Kremlin. Le président russe a gagné 9.994 millions de roubles en 2020, soit environ 132.000 dollars au cours actuel. Il est propriétaire d’un appartement de 77 mètres carrés et d’un garage de 18 mètres carrés, ainsi que de deux voitures anciennes (Volga GAZ M21) et d’un SUV Niva. Il utilise actuellement un appartement de 154 mètres carrés avec garage.