L’ONG « Mémorial », considérée agent étranger sans que cela surprenne outre mesure la population, est un symbole vivant pour l’Occident de sa lutte acharnée contre la Russie, qu’elle soit soviétique ou non. L’enfant chéri, une fois de plus, est tombé dans le viseur de la Procuratura, qui demande à la Cour suprême sa liquidation pour violation systématique de la législation nationale. Liquider « Memorial », ce serait liquider un monument de la politique de refoulement, qui n’a pas pris fin avec la chute de l’URSS et qui ronge la Russie de l’intérieur.

Le 9 novembre, le procureur général de Russie a déposé un recours devant la Cour suprême, lui demandant d’examiner la question de la liquidation de l’association et de ses structures en raison des violations systématiques de la législation russe, d’ici la fin du mois de novembre. Le Centre de défense des droits « Memorial » avait été inscrit dans le registre des agents-étrangers en 2014, suivi par l’organisation internationale « Memorial » en 2016, ce qui les obligeait à certaines formalités juridiques.

Cette organisation est tout d’abord apparue à la fin des années 80 à Moscou (donc pendant la période soviétique), puis a été fondée en 1992. L’un de ses présidents d’honneur est Andrei Sakharov. Formellement, son activité est dirigée vers l’étude des répressions pendant la période soviétique. Sous couvert de lutte contre le totalitarisme (exclusivement soviétique, bien sûr) et d’activité pseudo-scientifique, c’est un véritable travail de sape idéologique, qui est mené par cette structure. On notera, entre autre, cette volonté affichée de confusion entre les collaborateurs actifs et les héros, qui ont combattu le nazisme, flirtant sans vraiment se cacher avec la grande mode occidentale d’assimilation du communisme au nazisme, afin de discréditer le rôle de l’URSS lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle affirme également vouloir préserver la mémoire des victimes et en cela, s’inscrit parfaitement dans la démarche occidentale de la culpabilité collective, intemporelle et aveugle, puisqu’en fait de mémoire, c’est un véritable culte qui est exigé. Il est vrai qu’en conduisant les hommes à détester leur passé, ils finissent par détester leur pays – et se détester eux-mêmes. C’est une manière très efficace de détruire une Nation.

L’intérêt de cette ONG est de présenter la Russie comme un grand camp concentrationnaire, qu’il s’agisse de l’époque soviétique ou actuelle, avec un acharnement digne du plus pur fanatisme. D’une manière générale, « Memorial » soutient toutes les positions anti-russes, diffusées en Occident : l’agression russe en Ukraine, la répression des minorités sexuelles, la tyrannie politique, etc. C’est manifestement ce qui lui vaut ce soutien ouvert de l’Occident et ce magnifique article dans le journal Le Monde.

La présentation plus que tendancieuse de cet article est remarquable : non, ce n’est pas l’étude des « crimes du régime » qui est contraire à la Constitution, rappelons que déjà sous Khrouchtchev les Soviétiques ont été « déstalinisés », mais la violation des obligations de son statut d’agent-étranger.

C’est un peu comme avec l’incarcération de Navalny : ces gens se croient au-dessus des lois, qui n’existent que pour les simples mortels russes, auxquels ils n’appartiennent pas grâce à leur « protection occidentale », et ensuite sont surpris lorsque la loi se rappelle à eux, citoyens.  La Cour suprême examinera l’affaire le 25 novembre et ce ne sera pas une audience de routine, vu le poids politique de cette structure. Sa liquidation enverrait un signal fort, mais la Cour aura-t-elle le courage d’appliquer le droit jusqu’à sa logique politique ultime ?

Source : Russie politics