» Sur une note informelle, je voudrais ajouter quelques mots à ce que le ministre a dit et à ce que j’ai dit dans mes remarques préliminaires. Tout le monde en discute et, bien sûr, en premier lieu les forces armées. Je fais référence à nos documents, nos projets de traités et d’accords sur la garantie de la stabilité stratégique que nous avons envoyés aux dirigeants des États-Unis et de l’OTAN.

Nous constatons déjà que certains de nos détracteurs les interprètent comme un ultimatum de la Russie. S’agit-il d’un ultimatum ou non ? Bien sûr que non.

Pour rappel : tout ce que nos partenaires – appelons-les ainsi – les États-Unis ont fait au cours de ces dernières années, censés assurer leurs intérêts et leur sécurité à des milliers de kilomètres de leur territoire national – ils ont fait ces choses terribles, les plus éhontées, sans l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies.

Quel était le prétexte pour bombarder la Yougoslavie ? A-t-il été autorisé par le Conseil de sécurité ? Où est la Yougoslavie et où sont les États-Unis ? Ils ont détruit le pays. Certes, il y avait un conflit interne, ils avaient leurs propres problèmes, mais qui leur a donné le droit de mener des frappes aériennes contre une capitale européenne ? Personne. Ils ont juste choisi de le faire, et leurs vassaux couraient derrière eux en glapissant. Autant pour le droit international.

Sous quel prétexte sont-ils entré en Irak ? L’Irak développait des armes de destruction massive. Ils y sont allés, ont détruit le pays, ont créé un foyer de terrorisme international, puis il s’est avéré qu’ils avaient fait une erreur : « Les services de renseignements nous ont trompé ». Wow ! Ils ont détruit un pays. Les renseignements ont échoué – c’est tout ce qu’ils avaient à dire pour justifier leurs actions. Il s’est avéré qu’il n’y avait pas d’armes de destruction massive là-bas. Cependant, tout a été détruit comme convenu.

Comment sont-ils entrés en Syrie ? Avec l’autorisation du Conseil de sécurité ? Non. Ils font ce qu’ils veulent. Cependant, ce qu’ils font, ou tentent ou prévoient de faire en Ukraine, ne se passe pas à des milliers de kilomètres de notre frontière nationale. C’est sur le pas de notre porte. Ils doivent comprendre que nous n’avons tout simplement plus aucun endroit où nous retirer.

Il y a des experts ici, assis avec nous, je reste en contact permanent avec eux. Les États-Unis ne possèdent pas encore d’armes hypersoniques, mais nous savons quand ils en disposeront. Elles ne peuvent pas être cachées. Tout est consigné, les essais réussis ou non. Nous avons une idée du moment où cela pourrait arriver. Ils fourniront des armes hypersoniques à l’Ukraine et les utiliseront ensuite comme couverture – cela ne signifie pas qu’ils commenceront à les utiliser demain, car nous avons déjà Tsircon et eux non – pour armer les extrémistes d’un État voisin et les inciter à s’en prendre à certaines régions de la Fédération de Russie, comme la Crimée, lorsqu’ils penseront que les circonstances sont favorables.

Croient-ils vraiment que nous ne voyons pas ces menaces ? Ou pensent-ils que nous allons rester les bras croisés face aux menaces qui pèsent sur la Russie ? C’est là le problème : nous n’avons tout simplement pas de marge de manœuvre pour reculer. Telle est la situation.

Les conflits armés et les effusions de sang ne sont absolument pas notre choix. Nous ne voulons pas que les événements prennent cette tournure. Nous voulons utiliser des moyens politiques et diplomatiques pour résoudre les problèmes, mais nous voulons au moins disposer de garanties juridiques clairement formulées. C’est sur ce point que portent nos propositions. Nous les avons mises sur papier et envoyées à Bruxelles et à Washington, et nous espérons recevoir une réponse claire et complète à ces propositions.

Certains signaux indiquent que nos partenaires semblent disposés à travailler sur ce point. Cependant, il existe également un danger qu’ils tentent de noyer nos propositions sous des mots, ou dans un marécage, afin de profiter de cette pause et de faire ce qu’ils veulent.

Que ce soit clair pour tout le monde : nous en sommes conscients, et cette tournure des événements, ces développements, ne nous conviendront pas. Nous attendons avec impatience des pourparlers constructifs et significatifs, avec un résultat visible – et dans un délai précis – qui garantirait une sécurité égale pour tous.

C’est ce que nous nous efforcerons d’atteindre, mais nous ne pourrons le faire que si les forces armées se développent correctement. Ces dernières années, nous avons réussi à le faire, et nous avons atteint un bon niveau de préparation au combat. Je l’ai mentionné, et le ministre vient d’en faire état. Nous avançons à un bon rythme – le genre de rythme dont nous avons besoin.

Il y a des questions qui nécessitent plus d’attention, comme l’aspect production, que nous traitons en permanence. Comme vous le savez peut-être, nous nous réunissons à Sotchi deux fois par an. Pourquoi Sotchi ? Ce n’est pas à cause du beau temps, mais parce que tout le monde s’y rend, et que nous faisons abstraction des distractions telles que les questions de routine pour nous concentrer sur l’industrie de la défense et le développement des forces armées. Ces réunions sont très importantes et efficaces.

Je le répète, les questions sont nombreuses, mais nous les maîtrisons. J’espère vivement que nous continuerons à maintenir ce rythme alors que nous progressons dans nos efforts pour assurer la sécurité de la Russie et de ses citoyens. »