(…) Nous avons poursuivi la modernisation de notre armée et, maintenant, la part des armes et équipements nouveaux est de 71% dans l’armée et de 89% dans les forces stratégiques. Nous avons poursuivi activement le développement de nos armes de pointe et certaines d’entre elles, comme « Avangard » et « Kinzhal » sont maintenant en dotation.

(…) La situation politico-militaire dans le monde reste compliquée, avec un potentiel de conflit accru et de nouveaux foyers de tension dans plusieurs régions. En particulier, la croissance des forces militaires des États-Unis et de l’OTAN à proximité directe de la frontière russe et les exercices militaires majeurs, y compris ceux qui ne sont pas programmés, sont une source de préoccupation.

Il est extrêmement alarmant que des éléments du système américain de défense globale soient déployés près de la Russie. Les lanceurs Mk 41, qui se trouvent en Roumanie et doivent être déployés en Pologne, sont adaptés au lancement des missiles de croisière Tomahawk. Si cette infrastructure continue à progresser, et si les systèmes de missiles américains et de l’OTAN sont déployés en Ukraine, leur temps de vol vers Moscou ne sera plus que de 7 à 10 minutes, voire de 5 minutes pour les systèmes hypersoniques. C’est un énorme défi pour nous, pour notre sécurité.

(…) Nous avons besoin de garanties juridiquement contraignantes à long terme. Nous savons très bien que même les garanties juridiques ne peuvent pas être totalement sûres, car les États-Unis se retirent facilement de tout traité international qui a cessé d’être intéressant pour eux pour une raison ou une autre, parfois en donnant des explications et parfois non, comme ce fut le cas avec les traités ABM et Ciel ouvert – rien du tout.

(…) Ils sont responsables de ce qui se passe actuellement en Europe, de l’escalade des tensions. La Russie a dû réagir à chaque étape, et la situation n’a cessé d’empirer. Elle ne cessait de se détériorer. Nous sommes au point où nous devons trouver une solution. Après tout, nous ne pouvons pas permettre le scénario de se poursuivre. Quelqu’un n’est pas capable de comprendre cela ? Cela devrait être clair.

(…) Je voudrais insister à nouveau, nous n’exigeons aucun traitement particulier pour nous-mêmes. La Russie défend une sécurité égale et indivisible pour l’ensemble de l’Eurasie.

(…) Naturellement, comme je l’ai déjà noté, si nos collègues occidentaux poursuivent leur ligne manifestement agressive, nous prendrons des mesures de réciprocité militaro-techniques appropriées et répondrons fermement à leurs démarches inamicales. Et je tiens à souligner que nous avons pleinement droit à ces actions qui visent à assurer la sécurité et l’indépendance de la Russie.

Comme nous le savons bien, ils opèrent à des milliers de kilomètres de leur territoire national sous différents prétextes, dont la nécessité d’assurer leur propre sécurité. Lorsque le droit international et la Charte des Nations unies les gênent, ils les déclarent obsolètes et inutiles. En revanche, lorsque quelque chose répond à leurs intérêts, ils se réfèrent immédiatement aux normes du droit international, de la Charte des Nations unies, du droit humanitaire international, etc. Ces manipulations sont agaçantes.

(…) L’année prochaine, nous devrons nous concentrer sur les tâches principales suivantes.

Premièrement, il est nécessaire de poursuivre le plan d’acquisition d’armes et d’équipements modernes pour les unités militaires et d’accorder une attention particulière aux livraisons de systèmes de haute précision, de systèmes de reconnaissance, de navigation, de communication et de contrôle de pointe.

Deuxièmement, les programmes d’entraînement au combat et à la tactique devront donner la priorité aux efforts visant à maîtriser les armes modernes, ainsi que les nouvelles formes et méthodes de combat. À cet égard, les programmes d’entraînement au combat devraient être modifiés, afin de pouvoir être pris en compte lors les exercices de l’année prochaine, notamment l’exercice du poste de commandement stratégique, « Vostok 2022 ».

Troisièmement, le succès total dans de nombreux domaines dépend désormais directement d’une prise de décision réfléchie et rapide. Dans le domaine militaire, lors des opérations de combat, les décisions sont prises en quelques minutes, voire quelques secondes. Il est donc nécessaire, de développer des systèmes d’aide à la décision pour le commandement, à tous les niveaux, notamment au niveau tactique, et d’introduire des éléments d’intelligence artificielle dans ces systèmes.

Quatrièmement, il va sans dire que nous devons établir des algorithmes opérationnels efficaces à tous les niveaux, et introduire des systèmes automatiques avancés. Dans le même temps, nous pouvons constater que les conflits militaires modernes ne se déroulent pas selon des schémas préétablis. Les commandants jouent toujours un rôle clé dans ces conflits. Beaucoup de choses dépendent de leurs connaissances, de leur expérience, de leurs qualités personnelles, et ce sont ceux qui prennent des décisions non conventionnelles qui gagnent les batailles. Par conséquent, lors de l’entraînement aux opérations et au combat, il est nécessaire de former des commandants polyvalents qui possèdent des connaissances dans tous les domaines. Ils doivent être répertoriés dans le pool de personnel des commandants militaires de haut niveau, et il est nécessaire de les surveiller dès maintenant, de les guider et de leur offrir des possibilités de promotion ultérieure.

Et, enfin, voici le cinquième aspect. Compte tenu de la situation internationale compliquée, il est nécessaire de développer la coopération militaire et militaro-technique avec les États membres de l’Organisation de coopération de Shanghai et de l’Organisation du traité de sécurité collective et d’accorder une attention particulière au renforcement de la capacité de défense de l’État de l’Union Russie-Biélorussie.

Source http://kremlin.ru/