Biden annonce le renforcement de la présence militaire américaine en Europe… grâce au discours sur l’agression russe. Ou quand tu crées un besoin artificiel, pour pouvoir ensuite le satisfaire. Mais les pays européens ont-ils vraiment besoin d’une telle présence militaire en temps de paix, une présence qui ressemble à s’y méprendre à une forme d’occupation ? L’Europe n’est-elle plus capable de reprendre possession d’elle-même ?

Biden l’a solennellement annoncé : il va défendre à n’importe quel prix l’Europe contre « l’agression russe ». Finalement, au prix de l’existence de l’Europe. Contre une « agression », qui est montée par un discours politico-médiatique particulièrement bien ficelé. 

Ainsi, 3 000 soldats américains supplémentaires vont s’ajouter aux 72 000 civils et militaires américains déjà présents en Europe (voir notre texte ici), pour la défendre d’une menace qui n’existe pas et continuer à occuper physiquement le territoire, maintenant ainsi la pression.

Je cite

« Tant que (le président russe Vladimir) Poutine ne cessera pas de se montrer agressif, nous ferons tout pour assurer nos alliés de l’Otan que nous sommes là, et que l’article 5 est une obligation sacrée », a déclaré le président Joe Biden. L’article 5 est le fondement de la « sécurité collective » et prévoit le soutien de tous les alliés de l’Otan à un membre attaqué.

Ceci est la deuxième partie de la réponse apportée par les Etats-Unis à la Russie concernant les garanties de sécurité et le courrier de Lavrov critiquant la conception atlantiste de l’indivisibilité de la sécurité, qui ne permet pas de garantir sa sécurité au prix de la sécurité des autres. La présentation faite de la chose dans Le Figaro est intéressante : pour eux, les offres de négociation faites par les Etats-Unis, et finalement publiées, sont « logiquement » accompagnées par le renforcement de la présence militaire américaine en Europe. Ils formulent cela par cette introduction surprenante :

« Pour ajouter des actes aux paroles »

Ainsi, il semble normal d’accompagner une soi-disant volonté de négociation d’un renforcement des forces armées. Avec une telle position, l’Europe va avoir du mal à relever la tête.

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