Véhicule 6x6 russe

Vidéo Conférence du CRSC le 1er décembre 2020 à 15h00

Exode de Russie – 100e Anniversaire

Cette année la Russie commémore le centenaire de la fin de la guerre civile qui opposa les Bolcheviques à ceux qui tentèrent de refuser ce régime et qu’on a appelé communément Russes blancs. De nombreuses manifestations ont eu en Russie, et aussi dans de nombreux pays.  Il faut toutefois noter que la guerre civile a continué au-delà de 1920 surtout en Extrême Orient Russe, (1922)

En France, on a célébré un requiem en la Cathédrale Saint Alexandre Nevski, rue Daru à Paris. De nombreuses conférences et des films sont proposés en visio conférence par le Centre russe pour la science et la Culture de la rue Boissière à Paris.

J’ai, moi-même été invité à participer en vidéo-conférence (Covid19 oblige) à Moscou, à Simferopol et Féodosia en Crimée, et à Belgrade en Serbie. J’ai été également sollicité par les médias russes pour des interviews sur ce sujet. Notre association, « L’Alliance Franco-russe » était à chaque fois mentionnée.

Il me semble important de souligner que la France fut l’un des pays qui a accueilli le plus d’émigrés russes qui ont loyalement montré leur reconnaissance à leur pays d’accueil. L’intégration des émigrés russes est un exemple très particulier de réussite : chacun s’est intégré totalement tout en conservant ses traditions, sa culture et sa religion (orthodoxe). Il est vrai que ces Russes venaient d’un pays dans lequel les communautés religieuses ont vécu et vivent toujours en parfaite harmonie depuis des siècles.

Les descendants de Russes émigrés, dont je suis, attendaient ce centenaire avec une certaine crainte, crainte que la Russie ne s’embrase à nouveau avec des propos à la gloire des forces bolcheviques qui ont éliminé ceux qui n’acceptaient pas la révolution. Mais les Russes, dans leur grande majorité, assument leur histoire, toute leur histoire. De nombreuses manifestations, conférences, services religieux, films et articles de presse ont finalement offert une vision qui faisait découvrir aux Russes beaucoup de ce qui avait été caché ou déformé durant la période soviétique.

Au cours des évènements auxquels j’ai participé j’ai découvert chez les auditeurs une soif intense de savoir, de comprendre, tandis que les médias ont eu une attitude certes réservée mais plutôt positive. Les déclarations des autorités à tous les niveaux ont été en général très équilibrées et très souvent positives vis-à-vis des Russes qui ont dû quitter leur patrie après la révolution.

L’expérience montre que certaines pages sont difficiles à tourner, comme par exemple la Saint Barthelemy pour les Protestants, les massacres des royalistes en Vendée, la guerre de Sécession aux USA. Certaines plaies restent ouvertes et il en est de même en Russie. On peut construire l’avenir mais pas réconcilier un passé sanglant.

Pour ma part, à part quelques interventions çà et là de sympathisants communistes ou de ceux qui ne connaissent l’histoire que par la lecture qui leur a été inculquée pendant la période soviétique, les réactions étaient parfois telles que j’ai parfois eu l’impression que nous, descendants des russes blancs détenions une sorte de revanche cent ans après les évènements. Non pas une victoire des blancs contre les rouges, mais une victoire de la Vérité contre les contre-vérités habilement diffusées pendant l’ère soviétique.

Je veux espérer que ce centenaire qui fait redécouvrir à la Russie éternelle sa propre histoire, apportera au peuple russe une paix intérieure dont il a tant besoin, face à un monde souvent imprégné de russophobie, qui voit dans la Russie un danger qui n’existe que dans leur imagination.

Ceux qui aimeraient avoir plus de détail sur cette page de notre histoire peuvent m’envoyer un courriel et je leur ferai parvenir une étude sur le gouvernement Russe en Crimée dirigé par le général Wrangel (en français ou en russe).

Alexandre Troubetzkoï