Ce que l’on appelait l’équilibre de la terreur, quand les États-Unis d’Amérique et l’Union Soviétique, s’affrontaient par procuration, ne pouvant le faire directement par peur de destruction mutuelle, s’est effondré avec la dissolution d’un des protagonistes de cet équilibre toutefois instable.

L’idéologie capitaliste, tout aussi matérialiste et impérialiste que l’idéologie communiste, c’est-à-dire dépourvue de tout sentiment de spiritualité ou de transcendance, ou de simple humanisme, s’est alors crue vouée à une destinée universelle que les États-Unis, « nation indispensable, nouvelle Jérusalem ou nouvelle Rome » devaient accomplir pour le bien de l’humanité.

 Ce dessein est devenu un impérialisme brutal, ravageant le monde par des guerres menées faussement au nom de grands principes, particulièrement dans « l’Orient compliqué », détruisant des millions de vies et de patrimoines.

Cet impérialisme a peu à peu rencontré une résistance acharnée de plus en plus efficace qui a amené le nouveau Président des États-Unis à la conclusion logique qu’il fallait y mettre un terme, dans l’intérêt même des États-Unis. Son pragmatisme d’homme d’affaires se heurte toutefois à l’idéologie persistante de « l’état profond américain » qui n’entend pas mettre un terme à la suprématie mondiale du dollar et des normes américaines, d’où les tentatives, désolantes de mauvaise foi, de destitution pour collusion avec la Russie puis avec l’Ukraine. Souhaitons que ces tentatives désolantes ridiculisant la première puissance mondiale n’aillent pas jusqu’à des tentatives plus radicales, pour le bien de l’humanité et celui des États-Unis dont la gouvernance affiche des désordres catastrophiques qui se répercutent sur le reste du monde, simple spectateur.

Car le réalisme des puissances émergentes ou ré-émergentes : Russie, Chine, Inde, Pakistan, Afrique et Amérique Latine, s’impose désormais. Ces puissances défendent leurs intérêts en se regroupant dans des organisations politiques, économiques voire stratégiques comme les BRICS ou l’OCS, qui obligent à sortir des idéologies pour revenir au pragmatisme des nations westphaliennes qui s’opposent aux empires et défendent leurs intérêts tout en comprenant et respectant ceux des autres.

L’Europe ferait bien de s’inspirer de ce réalisme et s’empresser de sortir de l’idéologie qui l’étreint encore et la paralyse, la rendant impuissante, incapable d’agir sur n’importe quelle crise du monde et même pour défendre ses propres intérêts. Son incapacité à contrer les Etats-Unis dans l’affaire iranienne en est un triste exemple, et sa soumission dans l’OTAN aux normes et commandements américains en est une autre.

Le dernier discours du Président Trump à l’Assemblée Générale des Nations Unies est d’une grande importance à cet égard car il a défendu les patriotismes et les souverainismes nationaux qui s’expriment dans le monde, ajoutant qu’ils représentent désormais l’avenir. Une telle déclaration en faveur du patriotisme n’a eu que peu d’écho en France où les médias sont au service d’une oligarchie financière qui y est opposée. Pourtant elle indique que Donald Trump a compris ce qu’expriment les Gilets jaunes et d’autres, ailleurs dans le monde, notamment parmi ceux qui l’ont élu. Cette déclaration est fondamentale

Le Président Bachar El Assad ne s’y est pas trompé lorsqu’il a fait un exposé de géopolitique magistral à une délégation de syndicalistes du monde entier venus apporter leur soutien aux travailleurs syriens le 10 septembre dernier.

La crise syrienne, a-t-il dit, rassemble tous les éléments de la résistance mondiale des peuples libres et souverains contre l’impérialisme de la finance mondiale. Cette finance mondiale dirigée par Wall Street, alliée à la City et à une Europe qui n’a aucune possibilité de s’émanciper de cette tutelle sans procéder à une véritable mise à jour de ses fondamentaux. Il a cité l’exemple du Président Macron, mis au pouvoir par cette oligarchie ayant balayé les vieux partis traditionnels, qui ne peut s’opposer à elle qu’en paroles, bien qu’il ait sans doute compris que les forces qui l’ont mis au pouvoir sont au bord de la ruine.

Les manifestations populaires qui s’expriment de plus en plus dans le monde sont la révolte des peuples contre l’oligarchie financière qui pressure les classes pauvres et moyennes en Europe, les Gilets jaunes en France et d’autres ailleurs dans le monde, dernièrement au Liban.

Les travailleurs de tous les pays sont le sang des nations et, en Syrie, a-t-il précisé, malgré la guerre, les services sociaux sont maintenus et les travailleurs sont associés à la politique et à la gestion de leurs activités. 

La carte des conflits dans le monde montre la guerre entre la finance détenue par une infime minorité de personnes de plus en plus riches et les peuples dépossédés. Les bases militaires américaines dans le monde défendent la domination du dollar contre laquelle s’élèvent des nations comme la Russie et la Chine. Il y a un lien entre le conflit en Syrie et ceux en mer de Chine, Pékin le sait bien.

C’est dans l’idée de mettre un terme aux conflits d’intérêts et donc aux guerres, que s’inscrit le projet chinois de nouvelles routes de la soie, appelé aussi « Une ceinture maritime , une route terrestre », UCUR, en anglais OBOR.

Il s’agit de construire des infrastructures terrestres et maritimes qui permettent d’établir des synergies mondiales entre les capacités disparates des nations en ressources naturelles et financières, par des accords où chaque nation doit trouver son compte, chacun trouvant un bénéfice en fonction de l’investissement qu’il y met. Ceci dans tous les domaines de l’activité humaine, notamment celui de la recherche scientifique.

Comme l’avait dit le Général de Gaulle aux universitaires mexicains en 1966, à moins qu’il ne se détruise lui-même dans un épouvantable cataclysme nucléaire, l’avenir du monde est là, car l’homme est la cause ultime à défendre, et donc la coopération entre les nations, et l’aide des plus forts aux plus démunis.« En effet, par-dessus les distances qui se rétrécissent, les idéologies qui s’atténuent, les politiques qui s’essoufflent, et à moins que l’humanité s’anéantisse elle-même un jour dans de monstrueuses destructions, le fait qui dominera le futur c’est l’unité de notre univers ; une cause, celle de l’homme ; une nécessité, celle du progrès mondial, et, par conséquent, de l’aide à tous les pays qui le souhaitent pour leur développement ; un devoir, celui de la paix, sont, pour notre espèce, les conditions mêmes de sa vie. »

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cet article sont ceux de l’auteur.