Après de nombreuses hésitations, la réunion du « Format Normandie » a été annoncée par l’Elysée pour le 9 décembre, à Paris. Elle rassemblera Angela Merkel, Emmanuel Macron, Vladimir Poutine, et Volodomir Zelinski.

Moscou a confirmé la date de cette réunion quelques jours après l’annonce de Paris, mais le porte-parole du président russe, Dimitri Peskov déclarait hier encore que le programme du président n’était pas arrêté.

Les autorités russes craignent depuis longtemps qu’une réunion mal préparée n’aboutisse à rien de concret et ne serve que les objectifs de politique intérieure du président ukrainien, et ils insistent sur le fait que les discussions le plus importantes sont celles qui doivent avoir lieu entre Kiev et les républiques autoproclamées. Il est vrai que Kiev a envoyé, depuis l’élection présidentielle, des signaux contradictoires, allant de la volonté affirmée par Volodomir Zelenski de faire la paix dans le Donbass (mais comment ?) à ce plan de déportation de citoyens du Donbass en Russie ou dans le centre de l’Ukraine, en passant par l’imposition de dommages de guerre à la Russie pour les destructions dans les républiques auto proclamées de Donetsk et Lougansk.

En revanche, on parle peu à Kiev de la mise en œuvre des accords de Minsk, en particulier de la modification de la constitution prévoyant un régime spécial du Donbass ou de la loi d’amnistie.

Il est vrai que quel que soit le chemin que désire suivre le président ukrainien vers la paix et la réconciliation, ce chemin est étroit et dangereux pour lui, entre les républiques de Donetsk et Lougansk, les menaces des nationalistes ukrainiens qui comportent des groupes ouvertement nazis et lourdement armés, et les pressions diverses et variées provenant des oligarques comme l’israélo-ukrainien Igor Kolomoïski ou d’outre Atlantique, que ce soit de la Maison Blanche, du Sénat, de la Chambre des Représentants ou de diverses agences de sécurité. Tout cela ne rassure pas les citoyens du Donbass et Denis Pushilin le dirigeant de la République de Donetsk déclarait hier que « seuls les résidents peuvent décider d’où ils veulent vivre, qui sont leurs amis et quelle langue ils veulent parler ».