Avant la réunion plénière, chacun a eu des entretiens en tête-à-tête. Vladimir Poutine a d’abord rencontré Angela Merkel, puis Emmanuel Macron. Outre le problème ukrainien, la proposition russe de moratoire sur le déploiement de missiles à courte et moyenne portée en Europe a été discutée. Le président français s’était déjà déclaré favorable à des négociations à ce sujet.

Ils ont vraisemblablement évoqué également les relations commerciales entre les deux pays qui, après une hausse de l’ordre de 17% en 2018, ont de nouveau baissé d’un peu moins de 20% en 2019.

Cette rencontre entre les deux chefs d’état fait suite à de nombreux contacts cette année qui montrent leur volonté commune de coopération sur les sujets importants du moment. Ils se sont rencontrés à l’occasion du G20 à Osaka en juin, puis à Brégançon en août. Ils ont eu ensuite quatre conversations téléphoniques, puis ont eu un nouveau tête-à-tête lors des funérailles de Jacques Chirac à Paris.

Lors de la conférence de presse qui a suivi le dîner de travail, Vladimir Poutine s’est déclaré satisfait du résultat des négociations. Questionné, en anglais, par un journaliste qui lui demandait s’il était content des résultats, il a répondu dans la même langue « Yes, I am happy ». Il a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas d’alternative aux accords de Minsk, tout en notant d’une part qu’il existait une sorte de « dégel » dans les négociations et que, d’autre part, il existe toujours une certaine flexibilité dans les accords écrits. « Dans tout accord écrit, il existe des points qui peuvent être interprétés différemment par les parties. Ces points peuvent donc être négociés. Nous avons discuté de nombreux points et fait des progrès sur nombre d’entre eux. Cela laisse penser que nous avançons dans la bonne direction ».

Le président russe a également insisté sur la nécessité de discussions entre le gouvernement ukrainien et les représentants du Donbass : « Aucun conflit au monde n’a été résolu sans des discussions directes entre les parties en conflit ».

De son côté, Volodymir Zelenski a insisté sur la nécessité de rétablir la sécurité avant de résoudre les problèmes politiques. Il y a peut-être là un problème important qui est celui de la définition de la sécurité pour chacun. Dans la bouche du président ukrainien, cela peut vouloir dire « pas avant que l’Ukraine ne reprenne le contrôle de sa frontière avec la Russie ». Mais il s’agit là de la dernière étape des accords de Minsk, pas de la première…

De son côté, Emmanuel Macron a indiqué qu’une nouvelle réunion du « Format Normandie » aurait lieu dans quatre mois.