Vladimir Poutine est intervenu cette semaine, par visio-conférence, au forum de Davos. Il a expliqué que, de son point de vue, les problèmes socio-économiques et les inégalités représentaient le plus grand défi pour le monde. « Il est évident que le monde ne peut pas continuer à créer une économie qui ne bénéficie qu’à un million de personnes. Les développements récents, y compris la crise migratoire, l’ont montré à l’évidence ». Pour le président russe, le deuxième défi est d’ordre socio-politique. L’augmentation des problèmes économiques et des inégalités fait éclater les sociétés, provoquant l’intolérance sociale, raciale et ethnique. Le troisième défi sera donc de concevoir un programme d’action qui permette, non seulement de relancer l’économie mondiale et les économies nationales mises à mal par la pandémie, mais surtout de garantir que la relance se fera sur des bases solides et permettra de réduire substantiellement le fardeau des inégalité sociales. Sinon, les risques pour les relations internationales seront extrêmes. En effet, « la monté des problèmes socio-économiques internes non résolus, peut pousser certains à chercher à l’extérieur des responsables sur qui diriger mécontentement et colère du pays ». Le président russe, avec sa diplomatie habituelle, n’a pas précisé s’il pensait à un pays en particulier en disant cela.

L’Union Européenne a finalement renoncé à introduire de nouvelles sanctions contre la Russie, suite à l’arrestation du « patient de Berlin » comme beaucoup appellent Alexei Navalny à Moscou. Pour un sénateur russe questionné par le quotidien « Izvestia », l’Union Européenne commence à prendre en compte le fait que quelles que soient les sanctions prises contre Moscou, celles-ci n’ont aucun effet. Pour Konstantin Kosachev, président de la commission des Affaires étrangères du Conseil de la Fédération (chambre haute) : « il y a deux façons de traiter les situations de conflit : soit, nous ne sommes pas d’accord, mais nous continuons le dialogue, soit nous ne sommes pas d’accord et nous passons du dialogue aux sanctions. Jusqu’à présent, la deuxième version a prévalu., mais Bruxelles commence à comprendre que cela ne fonctionne pas avec la Russie ».

Pour le président du parti « Russie Juste » à la Douma, Serguei Mironov, les manifestations du 23 janvier sont « une réaction de la société aux inégalités sociales grandissantes, à la pauvreté et à l’enrichissement illégitime d’une minorité ». De son côté, Vladimir Poutine déclarait dans un entretien vidéo avec des étudiants que « tout le monde a le droit d’exprimer son point de vue à condition que cela se fasse dans le cadre de la loi ».

Joseph Biden et Vladimir Poutine ont échangé, cette semaine, leur premier coup de téléphone depuis l’élection du nouveau président américain. Peu de détails ont filtré sur la conversation, mais la nouvelle importante est que les USA acceptent de proroger le traité START pour une période de cinq ans, la durée de prorogation maximum prévue dans le traité. Il est beaucoup trop tôt pour parler d’une amélioration des relations entre les deux pays. Joseph Biden avait annoncé cette mesure pendant sa campagne électorale. D’autre part, l’Otan et les pays de l’Union Européenne réclamaient cette mesure. Il s’agit donc pour le président américain de prendre ses distances avec la politique de son prédécesseur et de rassurer les alliés européens. De plus, la décision est vue aux Etats-Unis comme liée à la sécurité nationale et non aux relations entre les deux pays. Preuve que la position des Etats-Unis vis à vis de la Russie ne devrait pas connaître d’évolution à court terme, Joseph Biden a demandé à John Sullivan, l’ambassadeur américain à Moscou de rester à son poste.

Le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif était en visite à Moscou cette semaine. Il venait de Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan et devait poursuivre son voyage en Arménie, en Géorgie et en Turquie. L’Iran a cessé de taper à la porte de l’Occident et se concentre sur la sécurité régionale. L’objet principal du voyage est de discuter de coopération régionale dans le cadre des accords de cessez-le-feu du Nagorno-Karabakh. Téhéran veut contrebalancer l’influence de la Turquie dans la région, aussi bien sur le plan politique que dans le domaine des fournitures de gaz, l’Azerbaïdjan et la Turquie ayant signé un protocole d’accord pour la fourniture de gaz à la république azérie autonome du Nakhchivan. Le ministre iranien a mentionné lors de sa visite à Bakou que son pays était prêt à participer à la reconstruction des infrastructures au Nagorno-Karabakh. Les discussions à Moscou ont, évidemment, dû porter aussi sur l’accord nucléaire et la position du nouveau président américain, mais aucune information n’a filtré à ce sujet.

Selon le directeur du Fond Russe d’Investissements Directs (FRID), Kirill Dmitriev, cinquante pays ont exprimé leur volonté d’acquérir un vaccin russe pour vacciner un total de 1,2 milliards de personnes. Sur la base du prix annoncé par le FRID, les ventes de vaccin pourraient rapporter 24 milliards de dollars à la Russie, soit le double de ses ventes d’armements de l’année. Mais il ne s’agit là, selon le quotidien « Nezavisimaya gazeta » que d’un calcul théorique, l’aspect humanitaire du produit et la situation économique de certains pays ne permettant pas la vente de vaccins aux prix annoncés officiellement.

Le premier ministre adjoint Tatyana Golikova a déclaré hier qu’en raison des préoccupations de la population qui craint que la vaccination ne devienne obligatoire, le gouvernement fédéral a décidé qu’il n’y aurait pas de « passeport de vaccination ». Les personnes vaccinées recevront, comme c’est le cas en ce moment, un simple certificat de vaccination.

La Russie et l’Iran ont signé un accord en vue de la production du vaccin « Sputnik V » en Iran. Le contrat prévoir également, dans un premier temps, la livraison d’un stock de vaccins fabriqués en Russie.

L’ambassade de Russie à Washington a demandé aux Etats-Unis de respecter le plus rapidement possible son engagement de destruction de son stock d’armes chimiques en vertu de la Convention Internationale sur les armes chimique, rappelant que la Russie avait déjà détruit son propre stock depuis longtemps. La convention a été signée, sous l’égide de l’OPCW, le 13 janvier 1993 pour une entrée en vigueur le 29 avril 1997. L’ambassadeur Anatoly Antonov a également demandé à Washington de cesser ses insinuations sans fondement concernant la Russie, dans le domaine de l’utilisation d’armes chimiques.

Les chiffres du chômage étaient en forte baisse à Moscou, fin décembre, pour le troisième mois consécutif. Ils s’établissaient, au 29 décembre 2020, à 1,3%. Le chômage sur l’ensemble du pays était alors, à 6,3%.

Du côté du rouble, l’évolution à court terme semble dépendre plus de la politique internationale que de l’économie russe. Selon divers analystes questionnés par le quotidien « Rossiyskaya Gazeta », l’évolution pourrait dépendre de la possibilité de nouvelles sanctions. Si les Etats-Unis annoncent de nouvelles sanctions, le cours pourrait retourner à son plus bas des cinq dernières années (82 roubles pour un dollar). Mais les sanctions pourraient ne viser que des personnes physiques auquel cas leur impact serait limité. Et si les cours du pétrole restent à leur niveau actuel d’environ 55 dollars le baril (Brent), le rouble pourrait évoluer dans une fourchette de 73-76 rouble le dollar.