Les présidents Poutine et Erdogan ont officiellement lancé, cette semaine, la construction de la troisième tranche de la centrale nucléaire d’Akkuyu. La construction de la quatrième et dernière tranche devrait avoir lieu en 2022. Ainsi la centrale pourrait entrer en exploitation en 2023, pour le centenaire de la république turque. Cela permettra à la Turquie d’augmenter la part d’électricité produite par des sources « propres » et de diminuer sa dépendance aux importations de charbon de pays tiers. Rosatom est l’investisseur principal dans ce projet qui, par conséquent, ne pèse pas sur le budget du pays. Ainsi donc, la Russie et la Turquie augmentent-elles leur coopération dans l’énergie, après le gazoduc « TurkStream », parallèlement au domaine du matériel militaire.

La Russie et les Etats-Unis relancent la coopération dans le domaine du climat. Cette dernière avait atteint des niveaux prometteurs sous la présidence Obama avant de quasiment cesser sous la présidence Trump. Les deux responsables de ce domaine, le Russe Ruslan Edelgeriyev et l’Américain John Kerry, se sont rencontrés cette semaine. Selon Edelgeriyev interrogé par le quotidien « Kommersant », la coopération se focalisera, dans un premier temps, sur la préservation de l’Arctique, la réduction des émissions de carbone dans cette région et des projets dans le domaine de la forêt et du nucléaire, liés aux plans de transition énergétique.

Le directeur du centre de recherches médicales Gamaleya (celui qui a créé le vaccin « Sputnik V »), Alexandre Gintsbourg, a annoncé que leurs chercheurs travaillent actuellement sur un traitement qui permet de lutter contre la résistance aux antibiotiques. Il s’agit d’une nouvelle génération de traitements qui ne produira pas lui-même de résistance et luttera contre un large spectre de résistances établies. Il en est actuellement aux essais cliniques de phase trois et pourrait être lancé d’ici un an.

Selon le quotidien « Vedomosty », la Russie a, pour la première fois, traversé une crise économique mieux que la moyenne mondiale. En effet, la contraction du PIB y a été de 3,1% contre 3,5% pour l’économie globale. Trois raisons principales sont invoquées par les experts de la Haute Ecole d’Economie de Moscou questionnés par les journalistes : la politique budgétaire suivie depuis de nombreuses années qui a permis un soutien très fort à l’économie, également le fait que la Russie soit isolée du système mondial et donc qu’il n’existe pas de longues chaines de production dans lesquelles de nombreux composants sont fabriqués dans différents pays, et qui ont été bloqués par les confinements et les fermetures de frontières, et enfin le fait qu’une part importante du PIB soit générée, par des secteurs qui ne dépendent pas directement du pouvoir d’achat des consommateurs.

Faible reprise du rouble cette semaine avec un euro à 87,985 rouble. C’est la première fois que l’euro descend sous les 88 roubles depuis le 2 septembre 2020. Le dollar US s’échangeait vendredi à 73,89 roubles. Cette fermeté du rouble est à rapprocher au cours du Brent en hausse de 1,2% à Londres à 69, 06 dollars le baril.

Zhang Keijan, le chef de l’administration nationale pour l’Espace chinoise et Dimitri Rogozine le président de Roscosmos ont signé un protocole d’accord pour la création en commun d’une Station Internationale d’Exploration Lunaire (en anglais « ILRS »). Il s’agit d’un projet à long terme qui devra être approuvé par les plus hautes instances des deux pays et, selon Andrei Ionine de l’Académie Tsiolkovsky pour l’Espace, devra être proposé à d’autres participants nationaux comme les pays des BRICS ou la Turquie et l’Iran.

La tournée du ministre russe des affaires Etrangère, Seguei Lavrov s’est terminée, à Doha, par une rencontre au format inhabituel entre la Russie, la Qatar et la Turquie au niveau des ministres des affaires Etrangère (Sergey Lavrov, Mohammed bin Abdulrahman bin Jassim Al Thani, et Mevlut Cavusoglu) qui ont annoncé la création d’un nouveau format de discussion sur la Syrie. Ce conseil pourrait se réunir de façon régulière. Il ne s’agit pas de remplacer le format dit « d’Astana » mais de le compléter, suivant le ministre russe. En plus de la Syrie, les trois ministres ont discuté de la situation en Libye et en Afghanistan.