Mercredi 21 avril, Vladimir Poutine a prononcé son discours annuel devant les deux chambres du parlement, les autorités civiles des régions et les autorités des différentes religions représentées dans la Fédération de Russie.

Plus des trois quarts de son allocution ont été consacrés à la politique intérieure et en particulier aux nouvelles mesures de soutien aux familles.

Le président russe a consacré une part importante de son allocution à la crise du Corona virus et à l’accélération de la modernisation du système de santé qu’elle a provoquée. A l’occasion de cette crise, « la famille, l’amitié, l’assistance mutuelle et la compassion ont pris le devant de la scène ». Elle a été également l’occasion de la construction d’un grand nombre de nouveaux hôpitaux et a poussé le système de soins de la Russie au bord d’une véritable révolution, avec le développement de la télémédecine, et l’utilisation de l’intelligence artificielle qui permet une nouvelle approche du diagnostic, de la chirurgie, et des soins.

 Il a insisté sur la nécessité de poursuivre la mise en place d’une politique nataliste, mais qui permette aussi la hausse de l’espérance de vie moyenne de 72,5 ans actuellement à 78 ans en 2030.

Le dernier quart d’heure de l’allocution présidentielle a été consacré au domaine de la défense. Le président russe a fait remarquer que, jusqu’à présent, la Russie avait réagi avec réserve, mais que si certains pays considéraient ces réactions comme de la faiblesse et s’ils allaient « brûler les ponts ou les faire sauter, la réponse de la Russie serait asymétrique, rapide et violente ».

Il a dénoncé, sans les nommer, les pays qui cherchaient à imposer des sanctions économiques illégale et politiquement motivées, voulant imposer brutalement leur volonté à d’autres pays. Il a même comparé les pays qui cherchaient à intimider la Russie à certains personnages du « Livre de la Jungle » de Rudyard Kipling : le tigre vieillissant Shere Khan et son compère le chacal Tabaqui, craint dans la jungle pour ses crises de folie. « Un excellent écrivain, Rudyard Kipling » a ajouté Vladimir Poutine.

Le président russe a prévenu les adversaires de la Russie de ne pas passer certaines lignes rouges, précisant que ces lignes rouges seraient déterminées en temps voulu par la Russie elle-même. « Ceux qui organisent des provocations menaçant des intérêts fondamentaux de notre sécurité, le regretteront comme ils n’ont jamais rien regretté auparavant. »

Vladimir Poutine a qualifié la tentative d’assassinat du président biélorusse Alexandre Loukachenko et de membres de sa famille soutenu par des services étrangers de complot « dépassant toutes les limites des relations entre nations ». Il a ajouté, à propos de projet de blocage du réseau de distribution d’électricité de la ville de Minsk et de blocage des infrastructures et des communications : « on dirait que ce n’est pas sans raison que nos collègues occidentaux ont rejeté avec obstination toutes nos propositions de dialogue dans le domaine de la cyber sécurité ».

Après avoir annoncé que la modernisation de la triade nucléaire russe serait achevée à 88% à la fin de cette année, Vladimir Poutine a proposé des discussions sur les questions de stabilité stratégique dans laquelle les participant tiendraient compte de « tous les système offensifs et défensifs capable de remplir des missions stratégiques, quel que soit leur armement ». Il a ajouté que le nouveau missile balistique intercontinental russe « Sarmat » serait déployé en 2022, alors que les missile hypersoniques « Tsirkon » seraient en alerte dans un avenir proche.

La part des armements modernes dans l’armée russe dépassera 75% en 2024.

On notera qu’il n’a pas été fait mention de la situation en Ukraine.

Le texte complet du discours, est disponible en Russe et en anglais sur le site de la présidence.