L’une des nouvelles importantes de la semaine dernière, une semaine particulièrement riche en nouvelle, est donc la tentative avortée de coup d’état en Biélorussie dont le plan comportait l’assassinat du président Loukachenko. Nouvelle occultée, bien sûr, par les médiats de grands chemins occidentaux.

L’annonce faite par le président biélorusse lui-même était rapidement confirmée par le FSB russe qui avait arrêté, à Moscou, deux des principaux organisateurs, dont un double national biélorusse/américain. Selon leur habitude, les services russes qui, comme c’est souvent le cas avaient bien fait leur travail, ne se contentaient pas d’un « highly likely » à l’américaine. Ils fournissaient la vidéo d’une réunion des conjurés, à Moscou, qui confirmait la thèse biélorusse.

Dès que l’accusation de participation de la CIA a été lancée, la réaction a été habituelle : tout d’abord, démenti véhément, puis création d’un événement pour détourner l’attention. Cette fois, c’est la Tchéquie qui a dû « s’y coller ». Elle avait peu de temps. Elle a donc ressorti en hâte une explosion dans un dépôt d’armement ayant eu lieu sept ans auparavant (2014), en accusant la Russie d’avoir organisé cette explosion. Puis elle a expulsé dix-huit diplomates russes.

Pour faire bonne mesure, la Tchéquie a sorti de son chapeau deux espions russes qui seraient les auteurs de l’explosion et qui a-t-elle choisi ? Je vous rappelle que la réaction officielle n’a pas pris beaucoup plus d’une heure, pas le temps de « peaufiner ». Elle a donc choisi Boshirov et Petrov. Cela ne vous dit rien ? Faites un petit effort ! Ceux sont les deux mêmes espions que l’Angleterre accuse d’avoir organisé l’empoisonnement des Skripal à Salisbury. Vous parlez d’une imagination !

On notera en passant que l’enquête officielle menée en Tchéquie en 2014, à l’époque de l’explosion, avait conclu à une négligence, repoussant l’idée d’un sabotage.

Le scénario est maintenant bien « huilé » et bien connu des médias de grands chemins occidentaux. En fait il y a, non pas une, mais deux versions.

Première version : on accuse la Russie de X (vous pouvez remplacer ce X par ce que vous voulez, dans l’histoire récente, la liste des possibles est longue), on explique que nos services spéciaux ont les preuves de tout cela, mais qu’on ne peut pas les présenter. Les médias occidentaux vont croire les services occidentaux puisque qu’ils sont « démocratiques » et donc « fiables ».

Deuxième version : première étape : on annonce, que l’on va bientôt présenter toutes les preuves de ce que l’on avance. Deuxième étape : quelques jours plus tard, on annonce que ces preuves sont classées « secret défense » car, les montrer, « permettrait de deviner quelles sont nos sources, ce qui les mettrait en danger ». En attendant, les médias de grands chemins ont publié la première partie du scénario en première page et la deuxième partie n’atteindra jamais la première page, si, d’ailleurs, elle est mentionnée.

Bien entendu, une série d’« experts de la Russie » confirmeront les faits, contre toute évidence. Mais, après tout c’est pour cela que l’on paie ces « experts ».

Beaucoup parlent d’ère « post-vérité ». Je me suis déjà expliqué sur ce sujet (voir ici : « Vérité, quelle vérité ? »), j’ai plutôt envie de parler maintenant d’ère « post-logique ».