– La part du dollar dans les exportations russes est passée en dessous de 50% au quatrième trimestre 2020, contre 61% à la même période de l’année précédente. La baisse s’est faite essentiellement au profit de l’euro. En effet, la Russie et la Chine ont utilisé l’euro dans près des trois quarts de leur échanges, selon Bloomberg. La Russie a également réduit la part du dollar dans ses réserves et elle commence à promouvoir des alternatives à divers systèmes bancaires comme SWIFT ou les cartes Visa et MasterCard. On notera au passage, car l’erreur est souvent faite dans la presse, que SWIFT est un réseau de communications interbancaires sécurisé, et non un système de paiements proprement dit. C’est une société coopérative de droit belge.

– Les principales banques russes ont augmenté leurs profits grâce aux prêts à la consommation. VTB, le deuxième groupe bancaire russe, contrôlé par l’Etat, a annoncé vendredi un doublement de son bénéfice net au premier trimestre. Sber (anciennement « Sberbank »), la première banque russe a annoncé jeudi une progression de ses résultats du même type.

– Le ministère des Affaires étrangères russe a annoncé vendredi des sanctions à l’encontre de huit responsables de l’Union Européenne en réponse aux sanctions de l’Union Européenne des 2 et 22 mars derniers. Ce sont : David Sassoli, président du Parlement européen, Jorg Raupach, procureur général de Berlin, Ivars Abolins, président du conseil national des médias électroniques de Lettonie, Maris Baltins, directeur du centre linguistique de Lettonie, Jacques Maire, membre de la délégation française à l’APCE, Asa Scott directeur de l’agence suédoise de recherche de la défense, Illmar Tomusk, directeur général de l’inspection linguistique d’Estonie et Vera Jourova, vice-présidente de la commission « des valeurs et de la transparence » de la Commission européenne. L’entrée du territoire de la Fédération de Russie leur est interdite.

– Dans le même temps, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken déclare dans un « tweet » que les Etats-Unis et leurs alliés recherchaient « a more constructive relationship with Russia on the condition that Moscow fulfils its international obligations », ce qui pourrait être traduit en français par : « que Moscou cesse ses provocations en répondant aux sanctions auxquelles nous soumettons la Russie ».

– Selon le quotidien « Kommersant », la reconnaissance par Joseph Biden du génocide arménien est une tentative de reprendre pied dans le Caucase. Le président américain avait pris la précaution de prévenir Recep Tayyip Erdogan par téléphone avant son annonce, pour essayer d’éviter une réaction violente immédiate, ce qui a effectivement fonctionné. Les USA cherchent à contrer la Russie qui, à la faveur de la solution du conflit du Karabakh a retrouvé une position forte en Arménie, pays dans lequel les américains ont fait de gros investissements « politiques ». Pour ce qui est de la Turquie, un certain nombre de médias réclament maintenant la fermeture de la base d’Incirlik (300 kilomètres au sud-est d’Ankara) qui abrite, pour le moment, une importante base aérienne de l’Otan et de la base radar de Kurecik. Le vice-président, Fuat Oktay a déclaré dans un entretien avec l’agence officielle turque « TRT Wolrd » que le terme « génocide s’appliquerait mieux aux Etats-Unis qu’à la Turquie », alors que de son côté, le président turc a conseillé aux USA « de se regarder dans un miroir ». A suivre.

– Dans un entretien avec le quotidien « Izvestia », l’ambassadeur d’Iran en Russie a déclaré que l’Iran voulait devenir un centre de fabrication du vaccin russe « Sputnik V » pour le Moyen Orient. La vaccination avec « Sputnik V » a commencé en Iran, le 9 février.

– Les deux plus grosses entreprises pétrochimiques de Russie, Sibur et TAIF, ont annoncé leur fusion. Selon une source, familière de cette opération, interrogée par le quotidien « Vedomosti », la nouvelle entité fournira environ 70% des produits pétrochimiques vendus en Russie, une sorte de « Gazprom de la pétrochimie ». Selon Alexei Martyukov, associé-gérant de BMS Group, la fusion a dû recevoir la bénédiction des autorités et, par conséquent, l’accord de l’agence anti monopole ne devrait pas poser de problèmes.

– La rencontre sollicitée par le président ukrainien avec Vladimir Poutine ne semble pas en bonne voie. Volodomyr Zelinski avait proposé une rencontre dans le Donbass. Réponse de la présidence russe : « Voyons-nous à Moscou ». Mais surtout, la position russe est que Moscou refuse de discuter la situation dans le Donbass, alors que, selon les accords de Minsk, c’est à Kiev de négocier avec les autorités de ces deux républiques auto proclamées. La discussion ne peut donc porter que sur les relations bilatérales Russie-Ukraine. Zelinski qui ne cherche qu’à échapper aux accords de Minsk signés entre Kiev et les républiques du Donbass, a répondu en proposant une rencontre au Vatican !

– Selon le décret présidentiel du 23 avril, le gouvernement russe va bientôt publier une liste des pays jugés « inamicaux ». Première conséquence pratique, les ambassades de ces pays en Russie ne pourront plus embaucher de main d’œuvre locale, ce qui va poser de gros problème à certaines d’entre elles. La liste officielle n’est pas encore publiée mais certaines candidatures s’imposent d’elles-mêmes. Elle devrait comporter une dizaine de pays, dont, selon le quotidien « Izvestia » : les Etats-Unis, la Pologne, la République Tchèque, la Lituanie, la Lettonie, l’Estonie, la Grande-Bretagne, le Canada, l’Ukraine et l’Australie.

– Les autorités russes ont décidé d’interdire aux sociétés d’audit étrangères de contrôler des sociétés russes. Sont visées les sociétés dépendant de groupes étrangers et leurs filiales en Russie. Il sera désormais interdit de faire appel à leurs services pour les banques et les sociétés de crédit, les compagnies d’assurance, les fonds de pension privés et les sociétés de gestion des fonds de pension. Ceux de nos lecteurs qui se sont intéressés à l’application extraterritoriale des lois américaines dans le cas de Total ou de la BNP, comprennent bien l’importance d’une telle mesure et son intérêt pour la protection des entreprises nationales. Ce sera un coup dur pour les sociétés d’audit internationales comme Deloitte, KPMG, PwC ou EY.

– Le président Vladimir Poutine a tenu une vidéo conférence avec des représentants de grandes entreprises françaises à Moscou, cette semaine. Parmi les sujets abordés, le vaccin russe « Sputnik V » et le gazoduc « Nord Stream II ». Vladimir Poutine a expliqué que la Russie allait continuer à soutenir les entreprises et les investisseurs français. Il a répété que la Russie ne coupait pas les ponts et que les portes étaient ouvertes, bien que la coopération, dans le domaine des affaires, soit évidemment touchée par les diverses sanctions.