– Joseph Biden a de nouveau déclaré cette semaine qu’il « espérait » rencontrer son homologue Russe au mois de juin. Du côté russe, pour le moment, on « étudie » toujours la possibilité d’une telle rencontre. Selon les politologues questionnés par le quotidien « Izavestia », le lieu de la rencontre n’est pas d’une importance primordiale, en revanche, une telle rencontre nécessite de se mettre d’accord sur un ordre du jour précis. Trois sujets devraient être abordés suivant le côté russe : la cyber sécurité, le contrôle des armements et le conflit diplomatique en cours. Quatrième sujet, l’Ukraine. Dans ce cas, le fait que les Etats-Unis continuent à mentionner les accords de Minsk est considéré à Moscou comme un point positif.

– Le quotidien « Nezavisimaya Gazeta » voit un resserrement des liens entre la Chine et la Russie. Pour l’auteur de l’article, leurs positions face aux Etats-Unis sont complémentaires : « Les USA sont capables d’infliger des dommages à l’économie russe, mais ne peuvent rien de tel dans le domaine de la sécurité. Quant à la Chine, sa position est presque symétrique. Les Etats-Unis ne peuvent l’étrangler économiquement, et ils cherchent d’autres moyens de la contenir ». Pour Dimitri Juravliev, directeur général de l’Institut pour les Questions régionales, les projets d’infrastructure du projet « One road, one belt » favorisent l’intégration quand la Russie devient la source principale d’énergie de la Chine et que, dans le même temps, son marché s’ouvre aux produits chinois. Alexandre Razuvaev, directeur du courtier de change Alpari souligne de son côté que la part des réserves de change de la Russie en yuan est importante et continuent à augmenter. L’émergence d’un yuan digital pourrait favoriser une plus grande intégration. Alexandre Timofeyev, professeur à l’université d’Economie Plekhanov, mentionne quant à lui la coopération des deux pays dans l’espace et le projet de station lunaire habitée lancé par la Chine et à laquelle la Russie va participer.

– Le président du Tadjikistan, Emomali Rahmon, était à Moscou cette semaine. Au menu des discussions avec Vladimir Poutine, l’éventualité du déplacement des troupes américaines retirées d’Afghanistan, vers les pays d’Asie Centrale. Il est en effet peu probable que les Américains se retirent totalement de cette zone stratégique, au sud de la Russie. Rien n’a été encore annoncé et Washington sait qu’il s’agirait là d’un casus belli pour Moscou, car ces pays font partie de l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC). On connaît la capacité américaine à semer le chaos dans un pays, et leur habitude d’utiliser les groupements terroristes dans ce cadre. D’autant que beaucoup d’analystes russes ne croient pas à un vrai retrait américain d’Afghanistan. Washington cherchera à contrôler la situation politique et militaire du pays par l’intermédiaire de société privée de sécurité. Pour Alexandre Knyazev, expert russe de l’Asie Centrale et de l’Extrême Orient, l’annonce du retrait américain d’Afghanistan n’est qu’une tentative de manipulation de l’opinion publique.

– Le secteur hôtelier de Moscou se redresse. Selon le quotidien « Kommmersant », le taux d’occupation des hôtels de la ville a été compris entre 50 et 70% au premier trimestre de 2021, malgré l’absence de touristes étrangers. Cependant, la direction des établissements a dû baisser ses tarifs, si bien que le résultat en termes de chiffre d’affaire est en baisse de 25% par rapport à l’année dernière. Selon les analystes de « Cushman & Wakefield », les hôtels de luxe ont connu un taux d’occupation de 53,6% au premier trimestre.

– Vladimir Poutine a soumis, cette semaine, à la Douma, un projet de loi prévoyant la sortie effective de la Russie du traité « Open Skies ». Ce traité signé en 1992 et entré en vigueur en 2002, prévoit un programme de survol des pays signataires par des avions non armés, dans le but de contrôler l’application des traités de limitation des armements. Les Etats-Unis ont décidé unilatéralement de quitter ce traité en 2020, d’où la démarche russe. Moscou a toutefois fait savoir que si les USA revenaient dans le cadre du traité, la Russie serait disposée à étudier la possibilité de son retour également.

– La Russie devrait connaître à nouveau une récolte record de grains. Le Département américain de l’agriculture (USDA) a publié une estimation de 126.5 millions de tonnes dont 85 millions de tonnes de blé. Vladimir Petrichenko, le directeur général de « Prozerno » annonce un chiffre supérieur, de 133,5 millions de tonnes qui tient compte de la récolte de Crimée et de grains que l’USDA n’a pas pris en compte. Ce chiffre correspond à celui de 2020 qui était le deuxième plus élevé de l’histoire de Russie. Les exportations pourraient être supérieures à l’année dernière, à 44,7 millions de tonnes, d’après le ministère de l’Agriculture. Certains experts n’excluent toutefois pas des chiffres inférieurs, en raison d’une récolte tardive.

– Le gouvernement russe a approuvé vendredi soir la liste des « pays inamicaux ». Surprise, cette liste ne comporte que deux noms : les Etats-Unis et la République Tchèque. Par conséquent, la Tchéquie ne pourra recruter que 19 employés russes dans son ambassade à Moscou, alors que les Etats-Unis ne pourront en employer aucun.

– L’inénarrable Charles Michel, président du Conseil européen a déclaré vendredi que « la décision du gouvernement russe à propos des Etats qui commettent des actes inamicaux est une nouvelle escalade qui nuit aux relations diplomatiques ». Il a ajouté que les efforts pour diviser l’Union Européenne étaient vains et a demandé à la Russie de respecter la convention de Vienne. Il y a au moins 14 Conventions de Vienne signées entre 1961 et 1988. Nous lui ferons crédit de penser qu’il a fait allusion à la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961. Dans ce cas, j’aimerais le renvoyer à l’article 9 de cette convention. Mais chacun sait que Charles Michel est un grand spécialiste des relations diplomatiques. Ursula von der Layen, présidente de la Commission européenne, vous le confirmera.