– Le 11 juin, la Banque centrale de Russie a augmenté son taux de référence d’1/2% à 5,5%. La reprise économique étant plus forte que prévue, les perspectives d’inflation sont au-dessus de la limite fixée par la Banque.

– Le Forum Economique International de Saint-Pétersbourg qui, contrairement à l’année dernière s’est tenu en présentiel, a fermé ses portes dimanche dernier. Il a accueilli plus de 13.000 visiteurs et le total des accords signé pendant ces trois jours a été de plus de 52 milliards de dollars. Mais la principale nouvelle a été l’annonce par Vladimir Poutine de la fin de la construction de la première ligne du gazoduc « Nordstream II ».

– L’agence américaine Moody’s a récemment relevé sa cotation de la Russie à « stable » et ce, malgré les possibilités de sanctions supplémentaires. Selon le quotidien « Nezavisimaya Gazeta », même la menace d’une coupure du système « Swift » brandie par l’Union Européenne ne semble pas vraisemblable. Pour le directeur de la stratégie d’investissement de la société BCS, Maxime Shein, la cotation de la dette souveraine de la Russie est déjà sous-estimée pour des raisons politiques, mais la situation macroéconomique du pays est très saine, avec un ratio de dette sur PIB de 17% et des réserves de change de 600 milliards de dollars.

– Le président de l’Assemblée Nationale de Serbie, Ivaca Dacic, a indiqué, dans un entretien avec le quotidien russe « Izvestia », que son pays souhaitait rejoindre l’Union Européenne mais ne le ferait pas si cela s’avérait contraire aux intérêts de la Serbie. Le pays projette de fabriquer quatre millions de doses du vaccin Sputnik V dans les douze prochains mois. « Le vaccin russe est très populaire chez nous et je suis moi-même vacciné avec Sputnik V. » Dans tous les cas, selon Ivaca Dacic, la Serbie ne s’associera pas à des sanctions contre la Russie.

– Le fonds de réserve national russe devrait terminer sa « dédolarisation » d’ici un mois. En 2008, la Banque centrale de Russie détenait 400 tonnes d’or. En mai 2021, elle en détenait 2.300 tonnes, ce qui mettait la Russie en cinquième position des détenteurs d’or dans le monde derrière les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Italie et la France. Certains analystes voient dans cette décision, l’une des causes de la hausse récente des cours de l’or qui ont augmenté de quelques 150 dollars au mois de mai.

– Jens Stoltenberg a suggéré cette semaine dans un entretien au quotidien allemand « Die Welt » une reprise des contacts entre la Russie et l’Otan, dans le cadre du conseil Russie-Otan créé en 2002. Selon l’expert militaire russe Alexey Leonkov, cité par le quotidien « Nezavisimaya Gazeta », il est peu probable que le Kremlin accepte cette offre, alors que l’Otan a désigné la Russie comme un « ennemi potentiel » dans son plan stratégique pour 2030 et qu’elle organise des manœuvres de grande ampleur à la frontière russe.

– Gazprom a lancé cette semaine la première ligne de traitement de gaz de sa nouvelle usine dans la région du fleuve Amour. Cette ligne peut traiter sept milliards de mètres cubes de gaz par an. En 2025, l’usine dont la construction a commencé en 2015 comportera six de ces lignes pour une capacité de traitement totale de 42 millions de mètres cubes par an. A ce moment, le coût total du projet sera de 13,8 milliards de dollars. Ce sera alors la deuxième plus grande usine de traitement de gaz du monde après l’usine américaine de Prudhoe Bay, et la première en ce qui concerne la production d’hélium. L’hélium sera exporté principalement vers la Chine toute proche. Pour le moment, les principaux exportateurs d’hélium sont les Etats-Unis, le Qatar et l’Algérie.

– L’événement le plus commenté de cette semaine a été la rencontre Poutine-Biden du 16 juin à Genève. Le président américain ayant défini la situation mondiale comme une « lutte entre les démocraties et les autocraties », il nous a semblé intéressant de chercher du côté américain quelques précisions sur ce que l’en entend de ce côté de l’Atlantique par « régime démocratique » et « régime totalitaire ». Je vous livre ci-dessous quelques remarques tirées d’un excellent article de la journaliste américaine Caitlin Johnstone et j’encourage tous les anglophones à aller déguster l’original sur ce lien : « Dans les régimes totalitaires, on a des guerres et des massacres, dans les régimes démocratiques, on a des interventions humanitaires. – Dans les régimes totalitaires, les dictateurs bombardent leur propre peuple. Dans les régimes démocratiques, on le fait pour eux. – Dans les régimes totalitaires, on sait précisément qui nous dirige. Dans les régimes démocratiques, les vrais dirigeants se cachent derrière des gouvernements de marionnettes. – Dans les régimes totalitaires, le pouvoir décide de tout, quels que soient les désirs du peuple. Dans les régimes démocratiques, le pouvoir détermine ce que le peuple va vouloir. – Dans les régimes totalitaires, on n’est pas libre et on le sait. Dans les régimes démocratiques, on n’est pas libre et on ne le sait pas ».