– Vladimir Poutine a signé le 3 juillet le décret de promulgation de la nouvelle « stratégie de sécurité nationale ». La première version de ce texte a été adoptée en 1997, et elle est mise à jour régulièrement pour tenir compte des développements de la situation internationale. Dans cette dernière version, la Russie réaffirme les grandes lignes traditionnelles de sa politique étrangère : attachement au droit international, respect de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats. La « protection du peuple de la Russie », y est érigée en « priorité absolue ». Mais cette dernière version met aussi l’accent sur la nouvelle orientation de la politique internationale de Moscou, en particulier l’intensification de la coopération avec ses partenaires dans le cadre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), du RIC (Russie, Inde, Chine), de l’Organisation de Shanghai pour la coopération, de la Coopération économique pour l’Asie-Pacifique, du G20 et d’autres institutions internationales. Ceci fait dire à Ma Yongbao, expert en études russes du « Global Governance Institution » un centre de réflexion chinois : « Cette nouvelle version montre que les contradictions entre la Russie, les Etats-Unis et l’Union Européenne sont profondes et difficiles à résoudre ». De son côté, Li Haidong, professeur à l’Institut des Relations Internationales de l’Université des Affaires Etrangères Chinoise commente : « Les médias occidentaux et les observateurs qui pensent qu’une simple rencontre entre le président des Etats-Unis et le président de Russie peut rétablir les liens entre ces deux pays et briser la coopération Chine-Russie sont trop naïfs et n’ont pas idée de ce qui s’est passé entre ces deux pays pendant les trente dernières années ».

– Cette semaine a eu lieu la traditionnelle « ligne directe » avec le président russe. Vladimir Poutine a répondu en direct, pendant plus de trois heures, à une soixantaine de questions posées par des citoyens russes de tout le pays. L’essentiel du temps a été consacré à des questions de politique intérieure, traitant parfois de problèmes très « terre à terre », mais important pour le citoyen qui pose la question. Certains se sont formalisé qu’un président « perde » de son temps à de tels détails. Ces personnes sont peut-être passées à côté de l’essentiel, essentiel mentionné par un célèbre journaliste dans son émission politique du dimanche soir : « nous avons assisté à une leçon destinée aux gouverneurs et responsable de provinces, sur la façon de s’occuper des problèmes de leurs administrés, et en cela, ce n’était pas du temps perdu ».

– Dans le domaine de la politique internationale, Vladimir Poutine a abordé la question de l’intrusion du navire anglais dans les eaux territoriales de la Russie qui s’est soldée par quelques coups de semonce et le changement de route du navire. Il a expliqué qu’il s’agissait bien d’une provocation soigneusement organisée, sous la direction des Etats-Unis. Il a expliqué qu’un avion de reconnaissance américain avait décollé d’un aérodrome en Grèce peu avant l’intrusion. Il a même donné l’immatriculation de l’avion afin que chacun comprenne bien que la Russie protège ses frontières, avant d’expliquer que le but de l’opération était de tester la réaction de la Russie à ce type d’intrusion, temps de réaction, moyens mis en oeuvre, etc. D’où l’avion de reconnaissance. « Ils voulaient recueillir des informations. Nous ne leurs avons pas données, mais nous leur avons livré les informations que nous voulions bien leur livrer ». Quant aux risques de déclenchement de guerre à la faveur de telles provocations, le président russe a précisé que même si la Russie avait coulé le navire anglais, il n’y avait pas de risque de déclenchement d’un troisième Guerre mondiale. « La Russie, les Etats-Unis et l’Angleterre sont des puissances nucléaires et chacun sait qu’une guerre nucléaire ne peut pas être gagnée ».

– Le nouveau sous-marin russe « Belgorod » (Projet 09852) a commencé ses essais en mer, dernière étape avant sa livraison officielle à la Marine russe. Mis à l’eau le 23 avril 2019, c’est le plus gros sous-marin construit dans le monde ces trente dernières années. Il mesure environ 178 mètres de longueur et 15 de large, soit deux fois la taille du plus gros sous-marin anglais. Il est plus gros que les sous-marins américains de la classe « Ohio ». Mais surtout, il est prévu pour transporter six drones « Posséidon », des torpilles à propulsion nucléaire autonomes, pouvant parcourir des milliers de kilomètres, avec des charges nucléaires de deux kilotonnes. De telles torpilles, dont il n’existe aucun équivalent au monde, sont difficilement détectables en raison de leur vitesse de déplacement, et de leur capacité à atteindre de très grandes profondeurs. Elles pourraient, en temps de guerre, couler un porte avion ou détruire des installations portuaires de grande taille, en déclenchant un énorme raz-de-marée. Le deuxième submersible de ce type, le « Khabarovsk », devrait être mis à l’eau très prochainement. D’après le programme d’armement en cours, un troisième submersible de cette classe devrait être livré à la marine russe avant 2027.

Le « Belgorod » sera affecté à la flotte du Pacifique.