– Le président biélorusse, Alexandre Loukachenko était à Moscou la semaine dernière pour rencontrer Vladimir Poutine. C’était la cinquième rencontre des deux hommes cette année, sans compter les nombreuses conversations téléphoniques. D’après les déclarations des deux chefs d’Etat après la rencontre, un grand pas a été fait vers l’Union des deux pays. Le président russe a insisté sur le fait que les accords sur lesquels ils s’étaient entendus concernaient essentiellement le domaine économique, mais qu’il s’agissait ainsi de construire une base pour un accord plus large. Les deux présidents se sont mis d’accord sur 28 projets préparés par les ministres et conseillers des deux pays. Vladimir Poutine en a profité pour féliciter son premier ministre et les différents ministres concernés pour le travail très important qu’ils avaient fait. Parmi ces projets qui doivent maintenant être entérinés par les assemblées concernées, le secteur du gaz et de l’énergie a été particulièrement commenté. Le prix du gaz russe restera inchangé en 2022, et il est prévu de mettre en place un marché unifié du gaz, en décembre 2023. Les accords prévoient une harmonisation fiscale et douanière, la mise en place d’une politique monétaire unique et la création d’un espace unique de paiements. La coopération militaire a également été évoquée et en particulier des mesures pour faire face au développement des activités de l’Otan aux frontières des deux pays. Tout ceci représente un développement majeur, dans le processus de rapprochement des deux pays, processus lancé il y a de nombreuses années, qui a connu des hauts et des bas, mais qui vient d’être relancé suite à la tentative de coup d’état organisée par la CIA, avec participation de plusieurs pays voisins de la Biélorussie.

– Face à une nouvelle hausse de l’inflation, la Banque de Russie a décidé de relever son taux de base à 6,75%. Il s’agit de la quatrième hausse depuis le début de l’année. Fin août, l’inflation en Russie s’élevait à 6,7%, sur une base annuelle, alors que l’objectif de la Banque Centrale est de 4%. Contrairement à ce que pensent ses collègues occidentaux, Elvira Nabiullina, gouverneur de la Banque de Russie, pense que l’inflation qui touche les économies occidentales n’est pas un phénomène passager et elle est prête à une nouvelle hausse du taux directeur.

– La Russie a refusé de renouveler le visa de la journaliste anglaise de la BBC, Sarah Rainsford. La mesure a été prise en raison du refus anglais d’accorder un visa à un journaliste de l’agence TASS. Selon le ministre des affaires Etrangère, Serguei Lavrov : « Nous les avions prévenus, nous ne voulons pas que les journalistes souffrent d’une guerre de l’information ou de toute autre guerre, mais nous avons été obligés de répondre, car ils ont dépassé toutes les limites de la décence. »

– Le G7 a invité la Russie et la Chine à participer à une réunion sur la situation en Afghanistan. La Chine a été la première à refuser l’invitation, ce qu’a fini par faire la Russie. Cette invitation fait partie des manœuvres habituelles des Etats-Unis pour essayer de travestir une défaite en « victoire » et faire partager par les autres le résultat de leurs erreurs. Chine et Russie ont évidemment des intérêts stratégiques et économiques dans ce pays qui est leur voisin et qui pourrait redevenir une base pour des groupements terroristes. Mais selon un ancien membre des services de renseignements russes cité par le quotidien « Vedomosti », ils ne collaboreront pas avec les Etats-Unis et leurs alliés, qu’ils ne jugent pas dignes de confiance.

– Le coup d’état en Guinée a jeté un coup de projecteur sur les intérêts de la société russe Rusal, premier producteur mondial de bauxite, dans le pays. En effet, la Guinée représente 40% de la production de bauxite de Rusal et six pour cent de celle d’aluminium. Cependant, selon le spécialiste en géo économie, Viktor Vassilyev, cité par le quotidien « Vedomosti », ceci n’est pas le premier changement de régime depuis que Rusal opère dans le pays, et étant donné les liens de la société sur place, et l’image de la Russie dans la population locale, il ne pense pas que Rusal ait à souffrir de ce nouveau changement.

– Le prix du gaz russe est à la hausse en Europe. Selon les experts consultés par le quotidien « Izvestia », les prix du gaz devraient rester élevés jusqu’à la fin de cette année au moins. Fin août, le gaz russe se négociait à 650 dollars les mille mètres cube. Le prix pourrait monter jusqu’à 900 dollars, en particulier si les températures sont basses, et étant donné qu’à l’heure actuelle, les stocks souterrains européens sont à 20%, niveau particulièrement bas historiquement. Les livraisons de gaz liquéfié (LNG) sont réduites en ce moment, car le prix du marché est plus élevé pour ce produit en Asie. Les livraisons se faisant par bateau, il est facile, pour le producteur, de réorienter ses réseaux. Gazprom a signé un contrat de livraison à long terme avec l’Allemagne pour le gaz de Nordstream II, mais on ne connaît pas le prix de vente. On sait seulement que dans le cas de contrats à long terme, les prix pratiqués par Gazprom sont beaucoup plus intéressants que ceux du marché. On notera au passage, que la Russie vient de s’engager à livrer son gaz à la Biélorussie au prix inchangé de 220 dollars pour l’année 2022.

– Les médias anglais mettent en garde contre des problème de chauffage cet hiver, en raison du manque de gaz. Les causes de cette situation sont multiples, comme la fermeture de certaines installations de stockage dans le pays, le manque de gaz liquéfié (voir plus haut), la hausse des prix, et une combinaison malheureuse de phénomènes naturels. Mais les Anglais, leaders incontestés de la russophobie occidentale, accusent la Russie, Gazprom et Vladimir Poutine (qui encore ?). En réalité, ce serait plutôt le contraire, puisque la Russie a rempli scrupuleusement ses obligations contractuelles de livraisons.

– Le prochain sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai doit se tenir la semaine prochaine au Tadjikistan (16-17 septembre). Lors de ce sommet, l’organisation devrait lancer la procédure d’admission de l’Iran qui est déjà pays observateur depuis plusieurs années. Les membres actuels de l’organisation sont : la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan, le Kazakhstan, le Kyrgyzstan, le Tadjikistan et l’Ouzbekistan. L’Afghanistan, la Biélorussie et la Mongolie ont le statut de « pays observateurs ». L’Azerbaïdjan, l’Arménie, le Cambodge, le Népal, la Turquie et le Sri Lanka sont « partenaires de dialogue ».