– Le président russe Vladimir Poutine était interrogé en direct sur la première chaine de télévision du pays, à propos de la crise des migrants à la frontière entre la Biélorussie et la Pologne. Insistant tout d’abord sur le fait que la Russie n’avait absolument rien à voir avec ce problème, il a ensuite donné sa vision de la situation. La crise migratoire a été créée par les pays occidentaux eux-mêmes et les pays européens. Le président russe voit deux raisons principales à ces mouvements de population, l’une est militaire, l’autre, économique. Sur le plan militaire, ce sont les interventions de l’Otan en Irak, en Afghanistan ou en Libye qui ont poussé les populations de ces pays à l’exil. La Biélorussie n’y est pour rien. Quant aux raisons économiques, Vladimir Poutine explique que : « Une personne qui a un bon travail, malgré le chômage important au Moyen Orient, y compris dans les pays producteurs de pétrole, gagnent beaucoup moins que ce que reçoivent les migrants chômeurs, en Allemagne par exemple. Par conséquent, les gens veulent se rendre en Allemagne ». Plutôt que de vivre dans des conditions chaotiques, et sans sécurité, ils préfèrent venir en Europe. Certains ont choisi de passer par la Biélorussie parce qu’ils peuvent y entrer sans visa. Ils empruntent des vols charter et aucune compagnie aérienne Russe ou Biélorusse ne les transporte. Enfin, le président russe s’est félicité qu’Alexandre Loukachenko et Angela Merkel aient enfin décidé de se parler sur ce sujet. A la question du journaliste à propos des raisons pour lesquelles ces discussions ont tant tardé, Vladimir Poutine a répondu : « Ce ne sont pas nos affaires ».

– Le navire amiral de la sixième flotte américaine, le « Mount Whitney » est de nouveau en Mer Noire, dans le cadre d’exercices conjoint avec l’Ukraine, la Bulgarie, la Turquie et la Roumanie. Son rôle est d’abriter le quartier général des pays participants. C’est le rôle qu’il a joué, par exemple, lors de l’intervention de l’Otan en Libye en 2011. Une de ses spécialités est également d’apparaître dans les environs de la Russie en temps de crise. C’est ce qu’il a fait en 2008 lors du conflit en Géorgie ou en 2014 pendant la révolution du Maïdan. A l’époque, il avait même mouillé dans le port de Sébastopol. Pour le général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française à l’ONU, interrogé par le quotidien « Izvestia » : « l’Otan a besoin de justifier son existence. La guerre d’Afghanistan est terminée et on se retrouve dans la situation des années 90, il faut résister à l’Est. Les anciennes républiques soviétiques d’Europe, partagent ce point de vue. Elles pensent toujours que les Etats-Unis sont leur parapluie contre tous les dangers. »

– La Russie pourrait organiser une rencontre triangulaire avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie. Un an après le cessez-le-feu, ces deux derniers pays ne parviennent pas à s’entendre sur le calendrier bilatéral, les deux points de désaccord les plus importants étant la délimitation de la frontière et la signature d’un traité de paix. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a confirmé que le projet de réunion était à l’étude, mais qu’aucune date n’avait été fixée pour le moment.

– L’Otan et les Etats-Unis renforcent leur présence aérienne à proximité du sud de la Russie. Dans la seule journée du 10 novembre, quatre appareils de reconnaissance, dont un U-2 américains ont été détectés dans la zone. Selon le quotidien « Izvestia » qui cite des sources militaires russes, l’Otan rassemble des renseignements sur la situation en Crimée. Pour l’ancien vice premier ministre des Affaires étrangères, Sergei Ordzhonikidze, les pays de l’Otan ne sont pas capables de lancer une provocation sérieuse pour le moment. Mais ils pourraient pousser leur allié ukrainien à lancer une offensive dans le Donbass : « Kiev est capable de n’importe quoi ». Pour le général d’armée aérienne Valery Gorbenko, l’Otan cherche les localisations des défenses anti aériennes russes : « Ils cherchent, par exemple, d’où opèrent nos stations radars et sur quelles fréquences. Pendant une attaque, les systèmes de défense anti aérienne sont les premiers visés. L’ennemi a besoin d’établir des corridors sécurisés pour infiltrer la région ». D’après « Izvestia » qui cite des sources au ministère de la défense russe, l’Ukraine participe à ces reconnaissances. Des drones « Bayraktar » ukrainiens de fabrication turque ont été aperçus dans les mêmes zones. Selon l’expert militaire Vladislav Shurygin, les Etats-Unis voient, dans la région de la Mer Noire, un champ de bataille potentiel. C’est pourquoi ils cherchent à collecter le plus d’informations possibles sur les troupes russes présentes et leur évaluation. « La Russie ne va pas prendre de décisions précipitées, car ils veulent justement, nous pousser à la faute, mais il va y avoir une réponse soigneusement préparée ».

– La présence d’une société de sécurité privée russe au Mali a le don d’agacer fortement le gouvernement français. Les négociations entre le gouvernement malien et la société russe Wagner ont été mentionnées pour la première fois au mois d’août. Selon l’agence Reuters, le contrat pourrait porter sur quelques dix millions de dollars par mois. La France, qui a annoncé le retrait d’une partie de ses forces, continue à considérer sa présence dans la région comme cruciale, et voit d’un mauvais œil l’arrivée de pays étrangers comme la Russie (de même, d’ailleurs, que les Etats-Unis ou la Chine). De son côté, selon Grigori Lukyanov, de l’Institut d’études orientales, la Russie voit le Mali comme un pays lointain et louche. Il pense donc que les discussions entre les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des deux pays, à Paris, pourraient être l’occasion de concessions russes sur ce point en échange de concessions françaises dans d’autres domaines importants pour les relations franco-russes.