– À la suite de la réunion de vendredi entre le ministre russe des affaires étrangères, Sergey Lavrov, et le secrétaire d’État américain, Anthony Blinken, à Genève, Washington a accepté de fournir des réponses écrites aux propositions de Moscou sur les garanties de sécurité. Ce qu’ils avaient déjà promis de faire la semaine dernière. Selon le quotidien américain « The Washington Post », les Etats-Unis ont demandé à la Russie de ne pas publier cette réponse. Etant donné le « climat de confiance » actuel, Moscou pourrait trouver qu’il ne s’agit pas d’une bonne idée. Autre élément négatif, Anthony Bliken a déclaré, de son côté, que cette réponse pourrait permettre la poursuite des négociations, confirmant ainsi l’intention américaine de « faire durer les discussions » le plus longtemps possible, ce à quoi le Kremlin n’est pas prêt, évidemment.

– Vladimir Vasilyev, chercheur à l’Institut d’études américaines et canadiennes de l’Académie des sciences de Russie, cité par le quotidien « Nezavisimaya gazeta », pense que le président américain Joseph Biden est intéressé par la poursuite du dialogue, principalement pour des raisons de politique intérieure. Sa politique étrangère est, pour le moment, un échec mais si Biden réussit à apparaître comme le pacificateur qui a sauvé l’Ukraine de l’invasion russe, il marquera des points. Selon Vladimir Vasilyev, le Kremlin, quant à lui, pourrait jouer le jeu du président américain, car la faiblesse actuelle de Joseph Biden convient bien à la Russie. Cette seule raison suffirait pour poursuivre le dialogue. De toute façon, il est peu probable que la Russie ne lance quoi que ce soit avant les jeux Olympiques de son allié, Xi Jinping.

– Kiev poursuit ses déploiements de matériel militaire lourd près de la frontière du Donbass. Faut-il s’attendre à une action de leur part, dont le but serait de déclencher une « invasion » russe ? La cérémonie d’ouverture des jeux Olympiques de Pékin approche et on se souvient du précédent d’août 2008.

– Le parti communiste russe, principal parti d’opposition à la Douma d’Etat, a introduit un projet de loi demandant au président Vladimir Poutine de reconnaître les républiques de Lougansk et de Donetsk dans le Donbass comme des pays indépendants et souverains. Le président de la Douma, Viatcheslav Volodine, semble favorable à l’examen de ce projet de loi. Une telle reconnaissance pourrait, évidemment être perçue en Occident comme ouvrant la voie à une annexion, mais pas obligatoirement. Après tout, la Russie a reconnu l’Ossétie du Sud en 2008. Mais, bien sûr, il y a le précédent de la Crimée… Le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov a évoqué la question hier en déclarant qu’elle devait être abordée « avec prudence. »

– Le président Iranien, Ebrahim Raisi était en visite officielle à Moscou cette semaine. Le ministre des affaires Etrangères iranien, cité par l’agence de presse Tasnim a déclaré que, « La visite actuelle du président iranien Ebrahim Raisi à Moscou marque l’importance que la République islamique accorde à ses relations avec la Russie, – et d’ajouter – Les relations étroites entre Téhéran et Moscou sont en passe de devenir des liens stratégiques ».

– Le ministère de la Défense russe a annoncé que, « conformément au plan d’entraînement des forces armées russes en 2022, une série d’exercices navals sera organisée en janvier-février dans toutes les zones de responsabilité des flottes, sous la direction générale du commandant en chef de la marine russe, l’amiral Nikolay Yevmenov ». L’objectif principal de l’exercice est de permettre à la marine et aux forces aérospatiales de s’entraîner aux opérations visant à protéger les intérêts nationaux de la Russie dans l’océan mondial et de résister aux menaces militaires contre la Russie en mer. « Les exercices porteront sur les mers qui baignent la Russie ainsi que sur des zones de l’océan mondial d’une importance capitale. Il y aura des exercices en Méditerranée, dans les mers du Nord et dans la mer d’Okhotsk, dans l’Atlantique Nord-Est et dans le Pacifique », a déclaré le ministère de la Défense.

– Les Occidentaux accusent de nouveau la Russie d’être à l’origine des problèmes d’approvisionnement en gaz et de la hausse des prix. Mais selon le vice-premier ministre russe Alexandre Novak, interrogé par le quotidien « Izvestia », les fournisseurs russes ont non seulement rempli toutes leurs obligations contractuelles à l’égard de leurs partenaires européens, mais ils ont également augmenté leurs livraisons de gaz à l’Europe. Pour Alexeï Grivach, directeur général adjoint du Fonds national de sécurité énergétique de Russie : « Si Gazprom avait réellement manqué à ses obligations en matière d’approvisionnement en gaz, ses clients auraient porté plainte et les régulateurs auraient pris des mesures répressives. Tout cela fait partie d’une campagne de propagande anti-russe qui ne repose pas sur des faits ». Selon les experts interrogés par les « Izvestia », ces accusations à l’encontre de Moscou font partie d’une campagne de propagande anti-russe et d’une tentative de dissimuler les erreurs économiques de l’Europe.

– La semaine dernière, le prix du baril de pétrole a augmenté de près de 3 %, et sur le mois de janvier de plus de 16,5 % pour atteindre 85,80 dollars. Selon les experts interrogés par Izvestia, comme Natalya Milchakova, directrice adjointe du centre d’information et d’analyse Alpari, le prix du Brent pourrait atteindre 90 dollars le baril, au premier trimestre 2022, en raison de la reprise économique mondiale après la pandémie et la demande croissante d’énergie. Pour Igor Yushkov, analyste principal du Fonds national de sécurité énergétique, « Le prix du pétrole va progressivement augmenter, car la consommation mondiale continue d’augmenter, et la production risque de ne pas suivre la demande ». La hausse ne devrait pas dépasser durablement ces niveaux, car, selon Alexander Potavin, analyste chez FG Finam, le rétablissement probable de l’accord nucléaire entre l’Iran et les États-Unis pourrait avoir un impact négatif sur les prix. Rappelons que le budget russe de 2022 est équilibré pour un prix du baril de 40 dollars.

– La ministre allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, était en visite officielle à Moscou la semaine dernière. Elle a rencontré Sergei Lavrov. La rencontre ne s’est pas si mal passée, compte tenu des positions plutôt radicales de certains membres du nouveau gouvernement de Berlin. Selon les « Izvestia », malgré « l’épais dossier de désaccords » que la ministre allemande a apporté à Moscou, les diplomates ont réussi à exposer les visions de leurs pays respectifs et même à tracer des voies de coopération, notamment en discutant de la nécessité de renouveler le « Format de Normandie », du travail commun dans le domaine de l’énergie verte et de l’absence d’alternatives à un dialogue stable entre la Russie et l’Allemagne. Le politologue allemand Alexander Rahr a expliqué au quotidien moscovite qu’Annalena Baerbock avait « démontré sa capacité à penser rationnellement et avait offert un dialogue civilisé à la Russie ». Selon lui, au lieu de rencontrer immédiatement les soi-disant dissidents russes, contrairement à la précédente ministre allemande des affaires étrangères, elle a jugé plus important de mener un dialogue constructif sur l’importance d’un partenariat avec les entreprises russes et d’une coopération en matière d’énergie verte.

– Symbole de la crise du gaz en Europe, et de la hausse des prix, Nord Stream 2 est toujours à l’arrêt. Pour le moment, la Russie ne subit aucune perte financière de ce fait, car les prix élevés du gaz ont compensé tous les investissements dans ce projet. Un gel prolongé du gazoduc provoquerait l’accélération de la production de GNL pour maintenir le potentiel d’exportation de la Russie. En effet, pour Alexey Grivach, directeur général adjoint du Fonds national russe pour la sécurité énergétique, une diminution des recettes d’exportation du gaz pourrait rendre plus difficile la subvention des prix du gaz sur le marché intérieur, le financement du développement des infrastructures gazières et pourrait entraîner une réduction des recettes pour le budget du pays.

– La Russie et la Biélorussie effectueront des exercices militaires hors calendrier, du 10 au 20 février. Les exercices, baptisés « Union Resolve 2022 », impliqueront le transfert de troupes terrestres en Biélorussie, ainsi que de plusieurs unités de toutes armes, de bataillons d’artillerie et de missiles et d’un escadron d’avions de combat multi rôles Su-35S. Les forces de défense aérienne à longue portée sur le territoire biélorusse seront également renforcées. D’après Dmitry Abzalov, directeur du Centre de communications stratégiques, « Actuellement, la situation en Ukraine est très complexe. Porochenko est revenu (dans le pays), Zelensky est dans une situation difficile. Il y a de fortes chances que Zelensky essaie d’utiliser le facteur DPR et LPR afin de résoudre ses problèmes ». Ces exercices seraient donc une sorte de « verrou de sécurité » contre l’escalade dans le Donbass. Selon Abzalov, en réponse à l’augmentation du potentiel militaire près des frontières de la Russie, Moscou pourrait accroître sa présence dans les pays qui bordent les pays de l’OTAN ou qui sont situés à proximité des États-Unis. Pour Vladislav Shurygin, interrogé par le quotidien les « Izvestia », « Le transfert de troupes d’autres régions est nécessaire pour s’entraîner à concentrer rapidement les forces et les équipements dans la direction nécessaire. Contrairement à l’Union soviétique, nous ne pouvons pas avoir un groupe de troupes dans toutes les directions. Aujourd’hui, notre objectif est de procéder à un transfert rapide de troupes et d’équipements et de créer des unités solides qui suivront un plan unique. »

– « Afin de réduire les menaces causées par la propagation des crypto monnaies », la Banque de Russie propose de modifier la législation et d’interdire toute activité liée aux crypto monnaies dans le pays, appelant à ce que des mesures semblables soient prises dans les pays de l’Union économique eurasiatique, qui rassemble de nombreux pays de l’ancien bloc soviétique. L’institution cite la volatilité de ces « monnaies » et leurs utilisations illégales, qui menacerait « le bien-être des citoyens russes, la stabilité du système financier », indique ce rapport, affirmant que la croissance du secteur ces dernières années reposait sur la spéculation. On notera au passage que le Kazakhstan est l’un des plus grands pays de « minage » de crypto monnaies. La Banque Centrale devrait préciser sa position d’ici le mois de mars.