– Selon l’agence « Bloomberg », des représentants de l’administration Biden sont en négociations avec le Qatar à propos de livraisons supplémentaires de GNL à l’Union Européenne, pour pallier une éventuelle pénurie d’approvisionnement en énergie, en cas d’affrontements militaires en Ukraine. Mais pour les experts contactés par le quotidien « Nezavisimaya Gazeta », il est peu probable que le Qatar puisse se substituer entièrement au gaz russe. Les livraisons de gaz naturel liquéfié (GNL) du Qatar sont encore loin derrière les exportations de Gazprom vers l’UE, et elles ne répondent pas aux besoins des États européens eux-mêmes. De plus, la demande mondiale de GNL est en constante augmentation, sans parler de la probable augmentation des prix en cas de conflit. Pour le moment, les consommateurs d’Asie sont prêts à payer « n’importe quel prix », ce qui n’est pas le cas des citoyens européens. De plus, l’Union Européenne ne dispose pas, pour le moment, de suffisamment d’installations de regazéification. Un ajustement dans ce domaine coûterait beaucoup trop cher, sans parler du temps nécessaire à la construction. Tout ceci est surtout l’expression de l’extrême nervosité des dirigeants américains qui commencent à réaliser qu’ils ne contrôlent plus un mouvement qu’ils ont eux-mêmes lancé.

– L’Australie reconnaît le vaccin russe Sputnik-V. Selon le site du régulateur pharmaceutique national : « Vous êtes considéré comme entièrement vacciné pour voyager vers et depuis l’Australie si vous avez un suivi en cours d’un vaccin approuvé ou reconnu par la « Therapeutic Goods Administration (TGA) », qui inclut le « Gamaleya Research Institute Sputnik V » dans la liste des vaccins approuvés ou reconnus.

– Selon l’expert russe du Conseil des affaires internationales, Alexander Yermakov, questionné par le quotidien « Vedomosti », les forces que l’OTAN envoie à l’est ne semblent pas être une réponse rapide à la « menace russe ». Selon lui, le déploiement des troupes a été planifié il y a longtemps et maintenant l’OTAN « essaie de l’intégrer dans l’agenda actuel. » De son côté, Yury Rogulev, directeur de la Fondation Franklin D. Roosevelt pour les études américaines à l’Université d’État de Moscou estime que les menaces d’escalade militaire de l’OTAN sont un projet médiatique et politique. Le principal danger pour l’Ukraine est que les fournitures d’armes occidentales donnent à Kiev l’illusion d’un soutien que le pays ne recevra pas en cas d’« agression russe » réelle.

– La Russie va étendre sa flotte sur la route maritime du Nord. Le géant pétrolier « Rosneft », prévoit de construire dix pétroliers « Arc-7 » au chantier naval « Zvezda » d’ici 2027. Le premier sera prêt dès 2024. La construction de ces navires aidera la Russie à renforcer considérablement sa présence dans le nord, ont déclaré des experts interrogés par « Izvestia ». Pour Dmitry Baranov, expert principal de la société de gestion d’actifs Finam Management, questionné par les « Izvestia », la construction de ces pétroliers permettra de développer la production d’hydrocarbures dans le nord du pays. En outre, un tel projet fera tourner de nombreuses entreprises russes, des producteurs d’acier et de produits chimiques aux fabricants de câbles et d’équipements radioélectriques. Cela améliorera les compétences des constructeurs navals russes et confirmera le statut du pays en tant que nation technologiquement développée. Andrey Loboda, directeur des relations extérieures de « BitRiver » estime que la construction de chaque pétrolier du premier lot coûtera environ 350 millions de dollars, ce qui constitue un investissement très intéressant, compte tenu de la hausse considérable de la demande énergétique en Asie du Sud-Est et ailleurs.

– La tendance baissière des marchés financiers russe s’est poursuivie cette semaine. Les indices boursiers ont atteint de nouveaux plus bas et le taux de change du dollar a atteint son plus haut niveau depuis fin 2020 (79,05 le 26 janvier). La situation géopolitique actuelle incite les investisseurs à se débarrasser non seulement des actifs en roubles mais aussi des actions des entreprises occidentales, écrit le quotidien « Kommersant ».

– Selon la quotidien « Izvestia », Moscou ne rétablira pas prochainement sa mission diplomatique auprès de l’Otan. Pour Vladimir Dzhabarov, premier vice-président de la commission des affaires étrangères du Conseil de la Fédération : « L’idée est bonne. Bien sûr, il faut tenter de la rétablir, afin qu’il y ait des relations et une interaction normales, mais personne n’a besoin d’envoyer des diplomates qui siégeraient dans ces missions simplement pour le plaisir d’y siéger. Les membres de l’Otan utilisent à nouveau le même écran pour tenter d’esquiver les réponses principales. Pour l’instant, cela n’a aucun sens puisque ces représentants n’auront rien à décider ».

– Les États-Unis et l’Otan ont fourni à la Russie une réponse écrite à ses demandes de garanties de sécurité. Les Etats-Unis et leurs alliés européens n’ont pas l’intention de discuter avec la Russie de la « politique de la porte ouverte » de l’OTAN et de la présence militaire en Europe de l’Est, écrit Kommersant. C’est donc un refus sur les points les plus importants pour la Russie. Maintenant, le ministère russe des affaires Etrangères et d’autres départements vont préparer des propositions de mesures supplémentaires pour Vladimir Poutine. Deux propositions ont déjà été faites à la Douma d’État : « Russie Unie », le parti majoritaire demande que des armes soient fournies aux républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk, et le parti communiste fait pression en faveur d’une reconnaissance de ces deux républiques. Selon Fyodor Lukyanov, rédacteur en chef du magazine « Russia in Global Affairs », « la réponse des États-Unis et de l’Otan n’est pas satisfaisante », ce qui va déclencher les « mesures militaro-techniques » promises par la Russie. « Mais il faut encore communiquer, malgré les mesures mentionnées », a-t-il déclaré à Kommersant. Selon Lukyanov, on va assister à des démonstrations de force, mais sans recours à la force. Une augmentation générale de l’activité militaire, des exercices, des vols et éventuellement le déploiement de nouveaux systèmes d’armes dans les zones sensibles. Il pense que « chaque action sera suivie d’une réaction, et cela se produira très probablement de nombreuses fois. En théorie, à un moment donné, il y aura une saturation de la confrontation et une volonté d’agir pour réduire la tension ». Mais il a précisé : « Pour l’instant, nous en sommes loin, l’exaltation politique et psychologique et le jeu des nerfs ne font que commencer ».

– Les membres de l’Union européenne sont divisés sur l’ampleur des sanctions qui pourraient être imposées à la Russie en cas d’attaque contre l’Ukraine, a déclaré le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki dans une interview accordée au journal espagnol El Mundo. « Tous les États membres de l’UE sont d’accord pour dire que l’Ukraine doit maintenir sa souveraineté, – a-t-il souligné. Les désaccords concernent l’ampleur des sanctions à l’encontre de la Russie et l’assistance militaire à l’Ukraine, qui devraient être décidées par l’union ou l’OTAN ». Visiblement, les Européens deviennent nerveux face à l’imprudence américaine. Les nerfs commencent à s’effilocher et, avec eux « l’Union sacrée » (comprenez l’hégémonie américaine). Selon différents médias qui ont couvert la visite en Allemagne du président français, les deux présidents ont appelé à un dialogue européen avec la Russie pour désamorcer la crise ukrainienne, dans une répudiation voilée de la position conflictuelle de Washington envers Moscou. La France et l’Allemagne sont alarmées par l’annonce, par Washington, d’une guerre « imminente » en Ukraine en raison d’une prétendue invasion militaire russe. Moscou a nié à plusieurs reprises et avec véhémence avoir des plans d’invasion ou d’attaque. Quelqu’un ment et, chaque jour qui passe sans que l’invasion russe ne se matérialise, amène son lot de questionnements sur les intentions de Washington. Même les Américains ne semblent pas comprendre leur propre tendance suicidaire.