– Tensions entre Volodomyr Zelensky et Joseph Biden. Les États-Unis ont fait de l’Ukraine un enjeu dans leur affrontement avec la Russie et le président ukrainien a accusé Washington d’utiliser le pays, ce qui a un impact négatif sur l’économie ukrainienne. En effet, la panique liée à « l’invasion russe » fait fuir les investisseurs d’Ukraine, alors qu’il n’existe aucune raison sérieuse de se préparer à la guerre. Pour Zelensky, il est impossible d’affirmer avec certitude que « l’agression russe » tant décriée se produirait. La panique entretenue de l’étranger a provoqué des sorties de capitaux de l’Ukraine depuis la fin de l’automne qui se sont déjà élevées à 12,5 milliards de dollars. « Notre nation ne peut pas faire face à de tels défis par elle-même. Nous stabilisons notre monnaie nationale à partir des réserves de l’État, ce qui coûte cher à l’Ukraine. Je pense que nous allons dépenser plus de 4 à 5 milliards de dollars pour stabiliser notre économie ».

– Selon les calculs effectués par le quotidien « Kommersant » basés sur les données de l’association européenne GIE, l’Europe a importé des volumes record de GNL au cours du premier mois de 2022. Le 28 janvier, le volume quotidien moyen des livraisons de gaz des terminaux GNL au réseau de transport de gaz de l’UE s’est élevé à 334 mln de mètres cubes, ce qui dépasse le précédent record de novembre 2019 de 329 mln de mètres cubes. Cependant, jusqu’à présent, aucun facteur ne permet d’envisager que la situation se déroule comme en 2019, lorsque les fournisseurs de GNL et Gazprom se disputaient sérieusement le marché européen en baissant les prix. Tout d’abord, même si la demande de gaz en Europe a chuté en raison des prix extrêmement élevés alors que l’hiver s’est avéré moins froid que le précédent, les réserves de gaz dans les installations de stockage souterrain européennes s’épuisent rapidement. Deuxièmement, même le bonus géopolitique existant sur les prix du gaz en Europe, lié à l’impasse entre la Russie et l’Occident au sujet de l’Ukraine, n’est pas encore capable de soutenir longtemps les prix du GNL en Europe, plus élevés qu’en Asie. Selon plusieurs sources de Kommersant parmi les négociants, en cas d’escalade, la hausse des prix en Europe pourrait attirer certaines fournitures de GNL en provenance d’Asie, mais le scénario d’une réelle diminution des livraisons de gaz de la Russie à l’Europe est toujours considéré par le marché comme peu probable.

– Les discussions sur des sanctions sévères contre les exportations russes de pétrole et de gaz ne sont que de la rhétorique politique écrit le quotidien « Rossiyskaya Gazeta ». Une interdiction des importations d’énergie en provenance de Russie serait un suicide pour l’économie européenne. La hausse incontrôlée des prix de l’énergie qui suivrait ces sanctions conduirait à une crise mondiale. Le directeur du Fonds national de sécurité énergétique, Konstantin Simonov, souligne qu’il n’y a pas de grandes quantités de pétrole et de gaz librement disponibles sur le marché mondial. Sans les hydrocarbures russes, les prix vont s’envoler. L’Arabie saoudite ne se précipitera pas pour sauver les États-Unis et l’Europe en augmentant sa production et, en fait, elle n’est pas en mesure de pallier ces pénuries. La seule option restante est l’Iran, mais ce pays est depuis longtemps sous le coup de sanctions américaines et ne dispose pas des infrastructures nécessaires pour fournir de l’énergie à l’Europe. Pour Konstantine Simonov, des sanctions contre la Russie pousseraient l’économie mondiale au bord de la catastrophe.

– Le 1er février, Vladimir Poutine a reçu le premier ministre hongrois, Viktor Orban. C’était la première rencontre en face à face du président russe avec un dirigeant d’un pays de l’Otan. Les conversations ont tourné autour des relations commerciales entre les deux pays, dont le contrat à long terme de fourniture de gaz russe. Mais lors de la conférence de presse qui a suivi, il a été question de la situation géopolitique. Vladimir Poutine a constaté que l’Occident avait rejeté les exigences russes, mais Viktor Orban a déclaré qu’un compromis diplomatique lui semblait encore possible.

– Londres, Varsovie et Kiev annonceront bientôt la création d’une alliance politique, dont le but est de renforcer la sécurité régionale, ont annoncé mardi les parties lors des visites en Ukraine des premiers ministres Boris Johnson du Royaume-Uni et Mateusz Morawiecki de Pologne. Dans le même temps, Varsovie a confirmé la fourniture à l’Ukraine de systèmes de défense aérienne « Grom », de mortiers, de drones et d’autres armes. Selon le quotidien « Kommersant », les responsables ukrainiens y ont vu une indication de la volonté de l’Occident d’aider le pays. Jusqu’à présent, on sait peu de choses sur cette alliance naissante. Le ministre ukrainien des affaires étrangères, Dmitry Kuleba, a déclaré que Kiev avait proposé le plan en octobre de l’année dernière, et que Varsovie et Londres venaient juste d’y répondre. Entre-temps, Londres élabore une législation visant à imposer davantage de sanctions à la Russie en cas « d’invasion russe de l’Ukraine ». Mercredi prochain, le Premier ministre britannique devrait appeler Poutine et certains membres du gouvernement britannique pourraient se rendre à Moscou la semaine prochaine.

– Gazprom a augmenté ses expéditions de gaz vers l’Europe via l’Ukraine début février, utilisant pleinement la capacité contractuelle du système ukrainien au cours des deux premiers jours du mois, écrit le quotidien « Kommersant ». En raison des prix élevés de janvier, les acheteurs européens ont été plus actifs sur le marché du GNL et ont prélevé dans les installations de stockage souterrain. Pour Maria Belova, de Vygon Consulting, la production mondiale de GNL ne devrait pas beaucoup augmenter en février, alors que les prix du gaz en Europe devraient être plus élevés qu’en Asie, ce qui entraînerait la réorientation de certaines expéditions de GNL. Les consommateurs ne seront pas intéressés par une augmentation des achats de gaz pour remplir les installations de stockage avant une baisse des prix au deuxième trimestre. « Nous ne voyons aucune raison justifiant une augmentation significative des exportations de gaz russe en février », a-t-elle conclu, ajoutant que si la température moyenne en Europe restait la même au cours des deux prochains mois qu’en janvier, le niveau des réserves de gaz stockées d’ici avril tomberait en dessous de 10%.

– Washington a approuvé le déploiement d’un contingent supplémentaire de ses troupes en Europe. Selon les sources citées par le quotidien « Izvestia », elles comprendront des parachutistes, de l’artillerie et des unités anti-aériennes, aggravant considérablement la sécurité internationale. Le Pentagone prévoit de déployer en Europe non seulement de l’infanterie et des parachutistes, mais aussi des armes lourdes. La plupart d’entre eux seront déployés en Pologne, à la frontière où se déroulent d’importants exercices de la Russie et de la Biélorussie baptisés « Union Resolve – 2022 ». « Les États-Unis font un geste symbolique en envoyant plusieurs milliers de soldats en Europe », a expliqué à Izvestia l’expert militaire Vladislav Shurygin. « En comparaison des plus de 50 000 Américains déjà stationnés en permanence là-bas, ce n’est pas un grand changement. Mais ces derniers mois, à cause de la situation autour de l’Ukraine, ils ont fomenté une telle hystérie qu’ils sont maintenant obligés de rassurer leurs alliés d’Europe de l’Est, principalement la Pologne ». Pour l’ancien vice-ministre russe des Affaires étrangères Sergey Ordzhonikidze, « Ce genre de regroupement est un autre facteur de pression dans les négociations. Les États-Unis pensent qu’ils renforcent ainsi leur position de négociation avec la Russie ».

– Selon le quotidien « Nezavisimaya Gazeta » qui cite le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmitry Kuleba, les autorités ukrainiennes ont fait appel aux dirigeants d’Israël pour leur demander de les aider à renforcer leur défense aérienne et leur cybersécurité. Kiev a manifesté à plusieurs reprises son intérêt pour l’acquisition d’éléments de la défense aérienne « Iron Dome » et des systèmes de défense antimissile israéliens. Toutefois, selon l’expert militaire Sergey Migdal, après 2014, « Israël a adopté une position claire : il ne veut pas s’immiscer dans le conflit, en prenant l’une des parties, en tenant compte des relations amicales avec la Russie et l’Ukraine. Israël ne veut pas du tout interférer, prônant une résolution pacifique de tout conflit, d’autant que les relations avec la Russie sont beaucoup plus importantes pour Israël que les relations avec l’Ukraine.

– Le ministre russe de la Défense, Serguei Shoigu était en Biélorussie cette semaine à l’occasion des exercices militaires conjoints de ces deux pays.  Les responsables biélorusses et russes ont déjà déclaré que la Biélorussie avait l’intention d’acheter la plupart du matériel que la Russie a apporté pour les exercices militaires actuels.  Ils ont également déclaré que 1) la Biélorussie doit sécuriser sa frontière avec l’Ukraine et 2) positionner le matériel nécessaire pour pouvoir déployer instantanément une solide « coupole » anti-accès/déni de zone (ou A2/AD) sur l’ensemble de la Biélorussie (sous-entendu, et une grande partie de l’espace aérien proche de la Biélorussie).

– Pendant que les militaires russes de haut rang étaient en Biélorussie, les civils de haut rang, Vladimir Poutine en tête, étaient à Pékin. Cela pourrait être une indication de la manière dont la Russie a l’intention de répondre à la « non réponse » de l’Occident.

– L’UE a renouvelé les sanctions contre la Russie pour non-application des accords de Minsk. Le fait que le texte des accords de Minsk ne mentionne pas directement la Russie, ne semble pas concerner Bruxelles. Mais comment sortir de cette situation apparemment sans issue ? En effet nombre de dirigeants ukrainiens ont déclaré que les accords de Minsk étaient inapplicables, dont le président lui-même, Volodymyr Zelensky, le ministre des affaires Etrangères en exercice, Dmitrii Kuleba, ou le secrétaire en exercice du Conseil de sécurité ukrainien Alexei Danilov. La liste des officiels ukrainiens qui ont promis de « libérer » le Donbass et la Crimée est plus longue encore. Quant à Arsen Avakov, homme fort d’Ukraine, il a déclaré qu’il savait pertinemment que l’armée ukrainienne était beaucoup plus puissante que l’armée russe !

– En 2021, la Russie a enregistré des commandes d’armement pour un montant de 10 milliards de dollars, ce qui porte son carnet de commandes au début de 2022 à 55 milliards de dollars. La Russie représente donc toujours environ 20% du marché mondial de l’armement. Les principaux clients de la Russie dans ce domaine sont l’Inde (contrat de 590 millions de dollars cette année pour la fabrication, dans le pays, de fusils d’assaut Kalashnikov, et contrat en cours de réalisation de 5,8 milliards de dollars pour l’achat de S-400), l’Afrique (17 pays) et le Moyen Orient, les Etats-Unis qui achètent beaucoup de munitions, les pays de la CEI et l’Amérique Centrale et du Sud.